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Balades moto > WEST Printemps 2004 > Compte-Rendu > WEST 2004 : Rouge Gazon

From: Vince LP 
To: Mailing-list Ducati_ST
Objet: [CR][LONG] Vosges, lopettes et petites pépées !!!

Bonjour,

Ben oui, faut bien attirer le chaland, hein ? alors, allons-y !!!

Mercredi 19 mai :
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Faire une grosse bise à Titouan qui vient de retrouver son pote chez la Nounou,
remonter dans la Laguna et rentrer à la maison, 10 km plus loin, il ne reste
plus que ça avant le moment tant attendu du départ pour le WEST 2004. Les
balades motos s'étant espacées ces derniers temps, l'attente n'en est que plus
longue.

J'arrive à la maison, habillage éclair, je rentre dans ma peau de motard, tout
de noir vêtu et zou, je sors miss ST2 du garage, elle était prête depuis 2
jours au moins. Il est 9h00, je mets le contact et en route pour de nouvelles
aventures. Voyage sans encombres jusqu'à Nancy, les routes sont inintéressantes
au possible, surtout au sud de la GVQPie, le seul moment intéressant a duré une
20aine de kilomètres aux alentours de Chateaudun dans la vallée du Loir. A
18h30, après seulement 2 arrêts, j'arrive à Nancy. Ouf, ces 850 kilomètres
m'ont semblé bien longs.

Soirée dans Nancy, avec Fast, Manu, Ced, Daniel et Mme. Nous nous retrouvons
place Stanislas, toujours aussi belle, il fait doux, on prend un pot en
terrasse avant d'aller manger dans la vieille ville. Dodo à 23h00, la journée
de demain va être bien remplie...

Jeudi 20 mai :
--------------

Réveil aux aurores, l'énervement, la pièce sans rideaux ont eu raison de mon
sommeil. Nous nous préparons doucement et à 9h00, la porte du garage s'ouvre,
on passe de l'ombre au grand soleil, le WEST démarre vraiment...

Fast nous emmène à bon rythme à travers le pays saintois, la route virole de
plus en plus et nous repassons par des coins déjà visités lors de RG01 et RG02.
Après avoir passé le col de la Chapelotte, et sa chapelle que j'ai vue ;-) (un
vrai régal celui-là avec son revêtement extra, et ses grands virages en appui
sans aucun bout droit), nous nous arrêtons au bord de la route, le moment est
arrivé, je vais poser mes fesses sur la ZX12R...

Consignes de conduites reçues et intégrées, je démarre doucement en
appréhendant le premier virage. En fait, ce TGV de la route est, aux vitesses
où je l'ai emmenée, très manoeuvrant, pas autant que ma ST2, mais je
m'attendais à pire. Le moteur pousse dès les bas régimes, mais la route
viroleuse qui nous mène à Raon l'Etape, ne me permet pas d'aller au-delà de
6000 tr/mn, je n'ai donc encore rien vu. Après Raon, nous prenons la 4 voies
vers St-Dié et là, je me permets une énaurme accélération à l'entrée de la 4
voies : Boudiou !!! mes bras s'allongent de 10 cm, je remercie le dosseret de
selle de m'avoir bloqué vers l'AR, je coupe au bout de quelques secondes et je
baisse les yeux : 180 km/h et l'aiguille du compteur à 8000 tr/mn !!! jamais
ressenti une telle sensation de catapulte avec une moto, même pas avec la
ZRX1200 qui était, jusqu'ici la moto la plus puissante que j'avais essayé.

Je rends la belle à son proprio un peu plus loin et nous arrivons à Gérardmer.
Le lac est superbe sous le soleil, mais nous sommes attendus au RG et déjà en
retard, donc on ne s'arrête pas. Le col de Grosse Pierre est avalé à un bon
rythme, je regarde la Rockster de Manu jouer au culbuto à chaque virage,
impressionnant comme elle semble facile avec cette moto. Au sommet du col, des
bandes noires bien glissantes me guettent alors que je zieute les trialistes de
l'école qui sautent de rocher en rocher, je me fais rappeler à l'ordre par une
bonne glisse latérale des 2 roues. Pour le reste du WE, chaque fois qu'il y
aura de tels dessins sur la route, je les éviterai soigneusement. Nous passons
la Bresse, le col du Ménil, Cornimont, et débarquons enfin à St-Maurice sur
Moselle pour vivre le moment que j'attends depuis des mois, la montée du RG. On
y va tranquille, la route est bien défoncée, je le sais pour l'avoir fait
plusieurs fois en Laguna au mois d'avril.

Midi et quart, avec une heure et quart de retard, nous posons les brêles au RG,
il y a déjà là quelques STistes : Alain et Marie-Claire, Alex et Mme, Fred et
Nancy, William. Ils ont poireauté en faisant connaissance et en prenant l'apéro
sur la terrasse au soleil. Petit repas rapide, nous mettons au point le trajet
de l'après-midi : on va aller poser les repères de freinage dans le col du
Hunsrück et sur le Ballon d'Alsace.

Départ sur les coups de 14H, nous redescendons gentiment du RG et prenons le
col de Bussang, la circulation est dense et nous remontons une file de Simca
1000 Rallye 2 dont certains conducteurs aimeraient bien s'essayer à l'arsouille
avec nos bécanes... Restons sages, il y a trop de voitures dans ce col. A
Bitschwiller les Thann, nous obliquons à droite vers le Col du Hunsrück et
Masevaux, mais devant nous un convoi hétéroclite de motos suisses a pris la
même route. S'ensuit alors un remontage de file un peu ala goret au milieu de
brêles aussi différentes qu'elles sont lentes. Mais le motard suissien aime ses
aises, donc il occupe bien la piste, ce qui occasionne quelques situations
rigolotes ;-) Un custom plante son repose-pied dans le goudron juste devant moi
dans une épingle serrée et j'ai vraiment la sensation qu'il va tomber sous mes
roues... Une fois la route libre, nous terminons le col à notre rythme perso et
regroupons les troupes au sommet. Descente sur Masevaux, puis nous prenons la
route du Ballon, via le col de Sewen et le lac d'Alfeld.

Pendant le trajet en fond de vallée, avant Sewen, un groupe de furieux
allemands nous rattrape, nous dépasse comme des gorets avec 20 ou 30 km/h de
mieux, ne coupe même pas dans les villages, mais à notre contact, il s'est
miraculeusement enrichi d'un élément supplémentaire qui veut leur montrer le
chemin. Fast disparait rapidement de notre vue avec ces gusses, on les reverra
plus tard. Le col de Sewen, si sympa avec ses enfilades sans bouts droits et
son paysage mélangeant lac, forêt et rochers, s'avère blindé de voitures, ce
qui le rend insipide.

Au lac d'Alfeld, nous retrouvons Fast qui nous attend après avoir montré le
chemin aux allemands. Comme la terrasse du bar est pleine à craquer, nous nous
arrêterons plus tard. Fast repart, il faut bien aller aider les allemands à
faire bonne route, hein ? Après le col de Sewen, nous débarquons à mi-hauteur
du Ballon d'Alsace : rhhhaaaa, elle est vraiment trop bien cette montée, je me
lâche, bouchonne juste ce qu'il faut William et Manu avant de les laisser
passer, et reste avec Alex, Alain et Marie-Claire pour terminer la montée.

Nous prenons ensuite un pot en terrasse à l'hôtel du Ballon et redescendons
vers St-Maurice pour être au RG à 17h00 histoire d'accueillir les WESTeux. Dans
la descente, nous retrouvons notre groupe d'allemands, mais arrêtés cette fois.
L'un des leur a dû tenter un dépassement osé juste avant une épingle et son
freinage a surpris le conducteur d'une Golf qui, du cou, a mis sa voiture sur
la belle Aprilia Tuono du freine-trop-tard. Elle va beaucoup moins bien
marcher, la Tuono... Le gars n'a rien, il fait des grands gestes aux autres
pour qu'ils viennent l'aider à soulever la voiture.

Nous continuons notre route et arrivons au RG à l'heure prévue. Qques-uns sont
arrivés, on fait les présentations, et zou, une petite douche avant un verre en
terrasse où nous discutons et tendons l'oreille chaque fois qu'un bruit de twin
se fait entendre dans la montée du RG. Marrant d'entendre les bruits monter
bien régulièrement et de voir les gusses accélérer dans la dernière ligne
droite pour arriver le premier sur le parking : allez, ne dites pas que je me
moque, vous l'avez tous fait, messieurs/dames les listeux ;-)

Les belges arrivent les premiers, nous gratifient d'un joli drapeau belge
dessiné avec une ST4s jaune, une ST2 noire et une ST3 rouge, qui l'a remarqué
sur le parking ? Je fais donc la connaissance de Sleop, notre kirtàbarteur
préféré, de Guidon qui a tenu à fermer le bar tous les soirs, de Stéphane et
Mme, et de Sam le mostriste qui nous a tenu la dragée haute dans les cols,
malgré un déficit en poney ritaliens...

Arrivent ensuite les parigots qui étaient sensés rouler avec les belges qu'ils
ont retrouvés puis perdus. Qu'à cela ne tienne, ils sont là : José alias Kick-
Starter, Gilles F. et ses talents de ronfleurs cachés, Gilles E., Hervé le
breton discret, Jean-Luc et madame, Christophe qui fait autant de bruit que ses
pots Arrow et j'en oublie certainement, qu'ils m'excusent...

Tout le monde s'installe, il ne nous manque plus que les tafioles sudistes et
les quenelles lyonnaises et le groupe sera au complet.

19h30, toujours personne, Mash nous appelle pour nous prévenir qu'ils sont à
Belfort et qu'il leur reste 3/4 heures et le Ballon d'Alsace avant d'être au
RG. On patientera donc pour passer à table. 20h30, toujours personne... on
passe à table, c'est bien connu, ça fait toujours arriver les retardataires...
et ça marche !!! Ils arrivent en groupe, sauf qu'ils en ont perdu un, qui
arrivera bien plus tard : Papy Filou avec une passagère fort énervée et déçue
d'avoir été lâchement abandonnée dans les contrées dangereuses du Nord-Est...
M'enfin, elle s'en remettra et nous gratifiera même de superbes sourires les
jours suivants...

Voilà, le WEST a vraiment commencé, tout le monde est là, sauf un pote des
belges qui a eu un accident en route, et Jean-Marie R. et son pote, qui ont
fait demi-tour quand l'alternateur de la moto de JM a rendu l'âme.

Le repas est comme à l'accoutumée au RG, excellent et copieux. Entre les temps,
je m'essaie à faire les présentations et Joachim, alias Papy Beurk, me rend la
monnaie de sa prez fraichement accueillie sur la liste en me piégeant quand il
se fait passer pour un randonneur perdu au milieu des motards... et moi qui lui
dit "mais si vous pouvez rester ici" sans même voir qu'il a un pantalon de cuir
et un blouson sur sa chaise...

J'en profite aussi pour jouer encore les père-la-morale (oui, je sais, c'est
naturel ;-)) en rappelant encore une fois les règles de roulage en groupe, mais
les événements ultérieurs me montreront que je n'avais pas tout à fait tort,
n'est-ce pas certains ?

Les départs aux pieux s'échelonnent, on constate juste que les vieux se
couchent plus tard que les p'tits jeunes, et on émigre ensuite vers la salle
aux bizarres pour refaire le monde 3 ou 4 fois. Entre 1h30 et 2h00 du mat',
rideau, il est temps d'aller mettre la viande dans le sac et d'assister au
concert du PRO (Philharmonique Ronflement Orchestra) dans le dortoir 4 ;-) mené
de main de maitre par Christophe avec Gilles F. en soliste !!!

Vendredi 21 mai :
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Même s'ils ont grogné quand on a annoncé la veille un départ à 9h00,
les listeux sont bien réveillés à l'heure, même si certains ont l'oeil
caverneux et la voix rauque. L'envie de rouler doit être plus forte
que le besoin de sommeil...

Les 4 groupes prévus se forment pour un roadbook de 250 km. Chaque
groupe part à 5 minutes d'intervalle, à partir de la station-service
de St-Maurice sur Moselle où nous faisons les derniers pleins.

Le premier groupe est mené par Fast, il contient le moins de motos,
mais ils sont partis pour rouler et enrouler du câble, c'est clair.
Les 3 autres groupes vont se la jouer plus cool, enfin plus cool à
leur niveau, dirons-nous...

Zou, nous prenons la direction de Gérardmer par la Bresse et le col de
Grosse Pierre, rien de très intéressant, vu qu'il y a du monde sur la
route, qu'elle est encore humide de la nuit fraiche et qu'un groupe
d'une 50aine de cyclistes bouchonne joyeusement dans la descente avec
la camionnette balai qui empêche de dépasser : ils ne s'emmerdent pas
à faire des groupes, les cyclistes, la route est à eux...

A Gérardmer, café au bord du lac, il fait frais, mais le soleil pointe
son nez et essaie de réchauffer l'air ambiant. En tout cas, parmi les
listeux, c'est plutôt genre "quand est-ce qu'on roule" ou "j'ai froid"
qui prédomine comme ambiance... Qu'à cela ne tienne, la suite du
programme va bouleverser tout ça. On commence par le défilé de
Straiture, à la sortie de Xonrupt, où la route serpente en fond de
vallée en une suite de virolos bien sentis. Tout le monde se sent des
ailes là-dedans, moi le premier, et le groupe des lents que je devais
mener oublie son appellation contrôlée pour changer de catégorie,
nomdidiou, c'est trop bon de se lâcher là-dedans.

Arrive ensuite le col du Bonhomme, avec ses grandes courbes à 2 voies.
On y avale quelques camions et voitures, on dépasse même un groupe de
bécanes et nous voilà en haut, où nous retrouvons les autres groupes
qui ont fait un "tas de ST" sur le parking, il n'y a pas d'autre nom
pour désigner la manière de se garer adoptée ;-) Bon, finalement, il
est trop tôt pour pique-niquer et on doit pouvoir trouver mieux, donc
on continue le roadbook.

Descente sur Orbey par le Bonhomme, toujours les grandes courbes, pour
prendre le collet du Linge, superbe petit col entre le Bonhomme et la
Schlucht. On arrive au pied de la Schlucht et là, j'avoue que j'ai
encore eu un moment de faiblesse où ma tanchitude m'a abandonné. Avec
Gilles F. aux fesses, il s'accroche le rascal, je me fais vraiment
plaisir à négocier les virolos de la Schlucht, le revêtement est
excellent, les voitures rares, c'est du bonheur en barre... Je lui
fais signe de passer, il reste derrière, il doit être au max. de ses
possibilités, comme moi, en fait ;-)

Regroupement des "lents" sur le parking de la Schlucht, noir de
bécanes comme à l'accoutumée (ça étonne plus d'un listeux d'ailleurs)
et on continue sur la route des Crêtes jusqu'au Markstein pour le
pique-nique. Le froid aidant, + le vendredi qui n'est pas férié, la
route des Crêtes est vide, on peut encore y aller à notre rythme perso
(c). Au bout d'un moment, je n'ai plus personne dans les rétros,
étonnant... Pas possible que je les ai lâchés, ils ont plutôt été
bouchonnés par un camping-car... Je m'arrête et vois arriver Gilles F.
et Fred sur la Noiraude qui s'arsouillent comme des malades, à tel
point qu'ils ne s'arrêtent même pas et qu'il faut que je me crache
dans les pognes pour les suivre.

Arrivés au Markstein, nous sommes les premiers. Comme nous étions
partis les derniers, et sommes normalement les plus lents, il y a un
hic, voire même plusieurs : le premier, c'est qu'il y a plusieurs
chemins entre le Bonhomme et la Schlucht et qu'on a dû prendre le plus
court, le second c'est que Manu a perdu qques éléments et à dû
attendre, et le troisième c'est qu'une ST3 a tenté un demi-tour en
virage sur la béquille centrale dans le groupe de Fast. M'enfin, tout
le monde arrive, la plupart arborent une banane comme ça grande, sauf
qques-uns qui ont soit un peu froids, soit commencent à fatiguer du
rythme un poil élevé. Nous n'en sommes qu'à la moitié du roadbook...

Pique-nique dans une grande prairie, quelques siestes impromptues
démarrent, juste perturbées par un grand clebs qui vient finir les
restes et par une pluie très localisée et bien organisée sur un
listeux...

Nous repartons pour la suite du roadbook : fin de la route des Crêtes,
jusqu'à Cernay, remontée de la vallée jusqu'à Bitchswiller les Thann
et le Hunsrück, Sewen et le Ballon, encore une fois, mais c'est trop
bon... la seule différence par rapport à la veille, c'est qu'il fait
plus froid, donc les routes sont vides et on s'amuse encore plus.
Miam, le col de Sewen est vraiment génial quand on peut y rouler à sa
main, n'est-ce pas Xavier, une fois qu'on a évacué une grosse tanche
bretonne bouchonnante ?

Pas d'arrêt au Ballon, il fait trop froid, on redescend sur St-Maurice
sur Moselle, plein à la station et j'annonce à José "on monte à son
rythme, hein ?". Il a compris, le rascal, la route est mouillée, les
lopettes sudistes ne vont pas nous déranger, on va pouvoir y aller...
José me passe dès le début de la montée, mais ensuite qu'est-ce qu'il
bouchonne, incroyable ce qu'il est lent ce José... M'enfin, on se
prend tous les 2 la grosse compression à la sortie d'une série de
virages et les 2 ST talonnent bien, c'en est impressionnant. En fait,
la montée du RG en mode rapide, c'est pratique, on n'use pas beaucoup
les pneus vu qu'ils sont en l'air la plupart du temps ;-) Arrivés dans
la ligne droite à la sortie de la forêt, en vue du RG, on ralentit et
on se la joue lopettes en balade, histoire de tromper l'ennemi... faut
pas l'effaroucher, hein ?

La plupart des listeux sont rentrés, nous rentrons les bécanes au
garage, la pluie s'annonce et il manque juste Stéphane qui est parti
chez Behra Moto faire réparer son embrayoir... il arrivera beaucoup
plus tard, bien trempé, alors que nous sommes déjà installés au bar.

Repas très animé encore, ce soir, et la soirée bizarre s'éternise,
mais je m'éclipse avant la fin. Mal dormi la nuit précédente à cause
de l'énervement du début de WEST, je vais me reposer pour être encore
plus d'attaque pour la grosse journée de samedi.

Samedi 22 mai :
---------------

Réveil aux aurores pour ma pomme, la lumière et les ronflements des
voisins aidant... je pars me promener autour du RG, pour profiter du
jour qui monte. Le site est calme, la brume se disperse doucettement,
il fait froid, vu qu'il y a de la gelée blanche sur l'herbe, mais la
journée promet d'être belle.

Les listeux émergent, arrivent au petit-dej, puis sont prêts à partir
dès 9h30. Avec Fast, nous estimons que c'est trop tôt et qu'on va se
cailler sur la route des Crêtes, mais il est difficile de faire
patienter 50 personnes, sans expliquer vraiment pourquoi. Les moteurs
vrombissent et l'essaim de grosses abeilles rouges, jaune, bleues,
grises, grises foncées et noires descend gentiment la route du RG.

Au programme de la journée, 400 km et un nombre conséquent de cols.

Nous commençons par partir vers l'Est, pour remonter le long des
Cascades du Tendon, après le Tholy. Puis, nous nous dirigeons vers
St-Dié, en passant par le col du Haut-Jacques : la route a un
revêtement glissant, elle est encore humide de la nuit, les groupes se
disloquent entre les ceusses qui aiment rouler sur le mouillé et ceux
qui ont ça en horreur. L'arrivée à St-Dié se fait en ordre dispersé,
et je me paume, loupant l'entrée sur la 4 voies. Nous voilà donc
partis à jardiner dans Saint-Dié, on trouve mieux comme balade.
Finalement, j'arrive à ramener mon groupe sur le droit chemin, nous
faisons le plein et partons en direction de Raon l'Etape, par ma 4
voies vosgienne préférée, celle où j'oblige les belges à prendre 2.40
;-)

Arrivés à Raon, nous attaquons le col de la Chapelotte, belle série de
virages sans lignes droites, dans lesquelles la moto reste en appui
sur l'angle longtemps, un vrai régal. Au début du col, nous voyons le
groupe des rapides arrêté, je ralentis, mais Fast me fait signe de
repartir, je me dis que le regroupement aura lieu au sommet du col de
la Chapelotte ou du suivant, le Donon. La Chapelotte est avalée en 2
temps 3 mouvements, quasi-personne dans mon groupe n'a eu le temps de
voir la chapelle au col même. Christophe, qui serre-filait, a craqué
et a remonté tout le groupe pour me dépasser en coup de vent et
disparaitre en 3 virages. Lorsqu'il m'a doublé, il m'a gratifié d'une
jolie glisse de l'arrière au freinage suivant et moi, au lieu de
rester concentré, j'ai zieuté ça comme un gamin devant un sapin de
Noël et, du coup, j'ai aussi eu droit à un petite glisse pour arriver
à freiner suffisamment avant l'entrée du virage. Ca roule vite, mais
ça reste propre, et on s'amuse comme des fous.

Dans la vallée qui suit la Chapelotte, avant d'attaquer le Donon, nous
prenons un pied gigantesque à parcourir les virages et bosses
mélangées qui se succèdent sans arrêt. La vitesse n'est pas
street-legal, mais c'est vraiment trop bon...

Le Donon passe comme une lettre à la Poste, dans ce sens, il y a assez
peu de virage et de grandes lignes droites qui permettent de vérifier
qu'une ST2, ça pousse tout de même pas mal.

Au sommet du col, nous retrouvons Manu et son groupe qui nous
attendent, avec la mine inquiète de ceux qui ont appris la gamelle de
Claude, dans le groupe de Fast. Finalement, il n'y a que du
cosmétique. Les rapides sont en train de mécaniquer à l'entrée de la
Chapelotte, là où nous les avons vus, et il semble que la ST2 puisse
re-rouler.

Nous décidons de pique-niquer sur le parking après avoir tenté
d'envahir la terrasse d'un resto. Peine perdue, nous ne roulons pas en
berline allemande, la patronne ne veut rien savoir et préfère perdre
40 consos...

Vu qu'il fait froid, le pique-nique est expédié et nous envisageons de
prendre un café à Schirmeck au pied du Donon. Le départ a lieu en
paquet, sans reformer les groupes et je me retrouve tout à l'arrière
d'un paquet de 25 bécanes, en train de me dire que ça va être un joli
bordel... ça ne manque pas d'arriver, entre les ceusses qui veulent
faire le plein, les ceusses qui cherchent un troquet dans un village
où tous les restos sont pleins et les ceusses qui doivent nous quitter
pour aller aux Coupes Moto-Légende, les buts sont divers et variés et
on se paume gentiment entre Schirmeck et Rothau, au pied du col du
Champ du Feu.

Je reconstitue un groupe d'une 10aine de bécanes, les autres étant
avec Manu et 2 locaux qui se sont joints à nous, ils ne se perdront
pas. Je repars donc en direct du Champ du Feu.

La route passe alors dans la zone de silence du Camp du Struthof,
tristement célèbre camp de concentration et d'extermination. Comme à
chaque passage, j'ai une boule dans la gorge, surtout en voyant
l'association entre le panneau indiquant la chambre à gaz et celui
d'un restaurant qui, même s'il existait avant le camp, n'aurait
peut-être pas dû rouvrir ensuite...

Nous traversons le Champ du Feu, étrange forêt décharnée au sommet des
Vosges, sans nous arrêter à la tour qui est fermée et permet de voir
les Alpes. Pour une fois que je passe ici sans un brouillard à couper
au couteau, quel dommage...

Dans la descente du Champ du Feu, nous trouvons enfin une auberge qui
nous accueille et tout le monde ou presque plonge dans un chocolat
chaud. On a en besoin, il fait beau, mais froid, vraiment froid.
Pendant que nous sommes attablés, Manu passe avec son groupe, dont 2
ou 3 lascars s'extirpent. Il parait qu'ils ont prévenu le serre-file,
toujours est-il que je suis appelé quelques minutes plus tard par
Christian, qui attend avec Manu, et se demande où sont les loustics...
quand je vous dis que les consignes du père-la-morale tout le monde
s'en tape, hein ?

Qu'à cela ne tienne, nous intégrons les 3 dans notre groupe et
repartons en direction de Villé. Ensuite, nous allons jusqu'au pied du
col du Fouchy, étonnant col où la route est toute étroite, et tout de
même un poil dangereuse...

Juste avant ce col, j'inaugure, dans la traversée de Ste-Marie aux
Mines, le roadbook à l'odeur ;-) En fait, le groupe qui nous précède a
intégré un kipu (Aprilia 125 RS) mené par un minot qui vient juste
d'avoir le permis et il est vraiment aisé, même 5 minutes après de
savoir où ils sont passés.

Dans le col de Fouchy, nous revenons rapidement sur le kipu,
serre-filé par une V-Strom, mais j'attends sagement derrière, car les
camping-cars qui montent mélangés à des groupes de furieux allemands
qui descendent ne m'incitent pas à aller jouer les lardons dans une
salade de camping-cars aux motards teutons... Dans la descente du
Fouchy, le kipu tient le rythme sans problème, le gamin, comme
l'appelent ses potes vosgiens, se démerde déjà bien pour un jeune
permis.

Arrive ensuite le col des Bagenelles, où là, j'en ai un peu marre de
me faire enfumer par le kipu et je mets le clicos à gauche pour le
doubler. La suite de la montée se poursuit à bon rythme, c'est qu'on a
de la route encore.

Après le col de Bagenelle, nous débarquons une nouvelle fois au col du
Bonhomme, mais juste pour le traverser en direction de la Schlucht qui
nous attend au bout d'une portion de la route des Crêtes que nous
n'avons pas encore emprunté. Cette portion me semble bien être une des
plus sympas de la route des Crêtes, ça vire sec en sous-bois avec des
belles courbes et de gros dénivelés, on dirait un grand huit plutôt
qu'une route. Dans une grande courbe à gauche, on croise un groupe de
tarmos suivis d'un trike et là, frayeur, la moitié du trike dépasse
sur ma bande... s'emmerde pas le mec avec son engin bizarre, toujours
est-il que j'ai vu de près la roue gauche de l'engin...

Toujours autant de monde à la Schlucht. Nous nous regroupons pour
envisager une modif du roadbook. La portion de route des Crêtes qui
est devant nous, nous l'avons déjà faite la veille, il va y faire
encore plus froid, alors nous décidons de rentrer par le col de
Bramont et celui d'Oderen (celui-là, je l'adore)...

Descente en direction de La Bresse, puis à gauche dans le col de
Bramont. La montée est facile avec quelques épingles, mais surtout
d'énaurmes bouts droits où je mets gaz pour voir si j'arrive à larguer
la Mostro de Sam. Ca marche, mais il a fallu atteindre des vitesses
que la morale réprouve...

Dans la descente de Bramont, 14 épingles nous attendent et la fatigue
arrivant, je laisse passer les furieux de mon groupe, car je n'aime
pas les virages en descente. Je reprends la tête du groupe dans Kruth
avant d'attaquer le col d'Oderen. Ce col est vraiment très bien, un
mélange de virages à enchainer et d'épingles bien pentues, un vrai
régal. Pas sûr que beaucoup d'entre nous aient aussi vu la chapelle
qui se tapit en contre-bas du col...

Même scénario dans la descente, je les laisse passer et les retrouve
au Travexin, sur la route du Thillot. Nous reprenons la direction du
RG, dont je prends la montée à mon rythme perso et je m'amuse encore
comme un petit fou.

Arrivé au RG, j'apprends que Pierre s'est aussi répandu dans le col de
Fouchy, mais qu'une fois les dégâts mineurs constatés, il était
reparti comme si de rien n'était à la chasse au 12R...

Soirée mémorable, encore. La salle aux bizarres reste remplie fort
tard, comme toujours le dernier soir, c'est qu'on ne veut pas se
quitter comme ça...

Dimanche 23 mai :
-----------------

Réveil difficile pour certains, la salle aux bizarres a bien officié. Il faut
dire que la mirabelle de Raph ou la poire de Chasselay amené par Papy Filou
étaient bonnes...

Les plus pressés lèvent le camp assez rapidement. Les autres patientent,
patientent, histoire de voir la tête de Fast en découvrant sa 12R affublée des
traces du combat des 2 jours précédents, telle l'avion de Papy Boyington dans
un célèbre feuilleton ;-)

Finalement, nous quittons le RG quasiment les derniers, Fast, Christophe, José
et ma pomme, pour un petit jardinage matutinal sur la route des Crêtes avant de
repartir vers Paris pour Christophe et José et vers Nancy pour Fast et votre
serviteur.

Au programme de la matinée, le col d'Oderen, en sens inverse de la veille, la
montée de Hannenbrunnen, 14 km de virolos qui nous amènent au Markstein. Petit
café en terrasse au Markstein, sous un soleil qui peine à réchauffer
l'atmosphère. Ensuite, nous prenons la route des Crêtes jusqu'à la Schlucht et
là, je m'applique à rester sur la même trajectoire que Fast qui, rassurez-vous,
roule cool, et je sens le commencement d'un frémissement de déclic se produire
et je réalise qu'en arrondissant les virages comme lui, plutôt qu'en allant
trop tôt à la corde, je passe mieux et surtout, ma peur des virages à gauche
disparait ou presque. Dans la descente du col des Faignes qui nous ramène à
Gérardmer en longeant le lac de Longemer, j'arrive à suivre les 3 furieux, en
appliquant cette méthode, et j'en suis tout étonné...

Après Gérardmer, nous prenons la route d'Epinal, via le Tholy et les cascades
du Tendon et nous nous arrêtons manger à Epinal. Il fait froid et nous nous
réfugions dans une pizzeria accueillante. Fast enlève le journal qui lui tenait
chaud sur la poitrine, ah, ces ex-cyclistes et leurs trucs de grand-mère... ;-)

Nous quittons Christophe et José après le repas et rentrons sur Nancy par la 4
voies, aucun intérêt.

Soirée à Nancy en compagnie de Tintin qui a passé le WE dans cette ville, bonne
discute et bonne bouffe, il n'y a rien de tel pour éviter le blues d'après un
tel moment de bonheur.

Lundi 24 mai :
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Je quitte Nancy vers 9h00, après avoir salué mes hôtes et prends la direction
de l'Ouest, via Bar-Le-Duc, Reims, Compiègne, Beauvais, Evreux, Alençon,
Mayenne, Vitré et à 18h30, me voilà rendu à bon port. Miss ST2 m'a encore
offert un super-WE.

2600 km, 25 cols, des centaines de virages, pleins de nouveaux amis rencontrés,
pleins d'éclats de rire, des sourires énaurmes sous les casques et le soir
pendant les repas, que demander de plus... que ça recommence vite, ça c'est
sûr !		
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Carénage : DesmodroMike & Moteur : VinceLP | Page vue 1 fois ce jour, 13 fois ce mois, 61 fois cette année