Tibet 2005
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Les photos de la journée

Nous prenons le bus pour aller à l'embarcadère sur le Brahmaputr, car aujourd'hui nous allons traverser le fleuve pour nous rendre à Samye qui est un des plus grands monastères du Tibet.

Nous embarquons donc sur une grande barque à fond plat, avec quelques tibétains qui se rendent au même endroit que nous. Il y a même une moto qui est embarquée à l'avant du bateau. Notre batelier prend tout, sauf la ligne droite, comme trajet, mais les hauts-fonds de la rivière l'obligent à des détours impressionnants. Au bout d'heure et demi, nous sommes arrivés sur l'autre rive et nous montons à bord de deux 4x4 qui nous emmènent par une piste jusqu'au monastère.

Ce monastère est entouré d'une enceinte immense et il est au centre de 4 ou 5 stupas énormes, chacune d'une couleur différente.Ramesh commence notre initiation à la statuaire bouddhiste, c'est un poil compliqué car de nombreux dieux se ressemblent et seuls quelques détails de la statue permettent de savoir à quel dieu on a à faire. La visite se déroule au milieu des pèlerins qui ne semblent pas plus dérangés que ça par notre présence et nos discussions à voix haute. Les pèlerins se déplacent avec un pot de beurre de yack et ils en disposent dans les grandes coupes où brûlent en permanence des bougies. L'odeur est tenace, mais on s'y habitue vite.

La salle des prières de Samye est imposante, très grande et bien éclairée, ce qui nous permet de distinguer les détails des statues et des tentures. La couleur dominante est évidemment le rouge, ce même rouge qui orne les vêtements des moines tibétains. Le jaune et l'or sont très présents aussi. Nous visitons la salle au rythme du chant d'un moine, installé dans un coin près d'un immense tambour sur lequel il rythme sa lecture des textes sacrés : cette pulsation régulière est particulièrement prenante...

Après un repas rapide à la cantine du monastère, nous avons quartier libre pour aller nous promener autour du monastère et nous sommes plusieurs à partir à l'ascension de la colline qui surplombe le site : d'en haut nous avons une vue superbe sur le monastère et sur la vallée du Brahmaputr, composée de dizaines de bras d'un fleuve qui serpente doucement en longeant la chaine himalayenne.

Nous reprenons ensuite les 4x4, dans une tempête de sable naissante : le ciel est jaune, le sol est jaune, impossible de distinguer l'horizon... La traversée retour est plus rapide, le bateau est moins chargé et notre batelier prend des raccourcis, même si nous touchons plusieurs fois le fond, à la limite de l'échouage.

Nous retrouvons notre bus qui nous emmène vers Lhassa en remontant le Brahmaputr, dont nous quittons ensuite la vallée pour celle du Kiu Chu.

Après un arrêt auprès d'une grande falaise où est gravée un immense bouddha, nous arrivons enfin à Lhassa, par une zone industrielle bien crasseuse, où des cimenteries immenses créent une poussière énorme. La ville entière est en travaux, pour préparer les fêtes du 40ème anniversaire de la "libération" du Tibet. Les quartiers anciens autour du Pothala ont été rasés pour laisser place à une esplanade de la Paix, dont le monument principal sera, comme le reste de la ville moderne, un pur fleuron de l'architecture crypto-communiste... je vous laisse imaginer...

Au milieu d'alignement d'immeubles singeant les maisons tibétaines, avec leurs tours de fenêtres noirs, les magasins couverts de néons à l'américaine sont légion. On est clairement dans un pays qui bascule instantanément d'un régime communiste à un régime communiste **et** capitaliste, étrange mélange... Si on supprime les inscriptions en chinois, on se croit aisément en Europe ou ailleurs.

Mais, le Pothala est là, imposant, dominant la ville de ses 300 mètres de hauteur et rappelant le passé tibétain de Lhassa. Ses murs blancs et rouges aux formes élancées sont superbes, tendus vers le ciel. La visite sera pour demain, pour le moment, nous allons nous installer à l'hôtel Tibet Gorkha situé dans l'ancienne ambassade du Népal, à proximité d'un autre haut-lieu de Lhassa : le Jokhang. Le style des chambres est tibétain, très coloré et superbe. Repas indien succulent au resto de l'hôtel, puis nous sortons en "discothèque", sur la proposition de notre guide tibétain, pour voir un spectacle mêlant musique traditionnelle tibétaine, rythmes modernes et danses et chants en playback... étrange...