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Papyrex Racing Team > Endurance 2010 > Endurance Ducati 2010 au Vigeant

Quel week-end mémorable, encore, ces 3 jours au Vigeant pour les Endurance Ducati !!!

Vendredi 28 août : les essais libres

Tout commence pour moi, fort tôt vendredi matin. Je n'ai pas voulu partir jeudi soir pour passer un peu plus de temps en famille, mais, du coup, à 4h45 du matin, je n'arrive plus à dormir et, finalement, je pars une heure plus tôt que prévu sur le coup des 5h30.

Mon roadbook, aux petits oignons, finement mijoté sur le logiciel RoadTracer du Tripy m'emmène en quasi-ligne droite de Rennes au Vigeant (271 km à vol d'oiseau pour 316 parcourus) via des toutes petites routes de campagne, dans des coins que je n'avais jamais traversés auparavant. Pratique, ce Tripy, certainement un des meilleurs GPS motos que j'ai utilisé pour le moment...

Après 5h00 de route, j'arrive au Vigeant sous des trombes d'eau et je trouve tous ceux qui sont arrivés la veille planqués sous le barnum Pirelli. Comme l'eau tombe à l'horizontal, le barnum est assez inefficace et les restes du p'tit déj' trempent sur la table. C'est le bon le pain perdu à l'eau, non ?

Lorenzo a vu sa séance d'essais libres annulée, la faute à la pluie. Il n'a fait que 2 tours avant d'avoir droit au drapeau rouge, ils étaient 2 en piste...

Malgré cette météo qui rappelle celle du WE de 2008, le moral est au beau fixe. Le Papyrex Racing Team a engagé 3 motos, 6 pilotes :

  • la 39, une 1000SSie avec Eric et Jean-Luc,
  • la 44, une 1000SSie avec Wim et Lorenzo,
  • le 45, une 750SS, avec Fred et Bernard, les rookies de service.

Les motos sont prêtes, les pilotes chaud-bouillant, tout baigne. On a même un mulet, miss Sarace qui trône sur ses béquilles, un peu froissée par un propriétaire cabrioleur ;-)

Le reste de l'équipe arrive doucement, le paddock se remplit et les épisodes orageux succèdent à des périodes ventées où la piste sèche très vite. L'après-midi du vendredi est consacrée à des essais libres. Bernard, Fred, Eric, Jean-Luc et Lorenzo tournent sans encombres, Wim ne fait que 2 tours et ramène sa superbe 1000SS avec la boite bloquée. L'inquiétude grandit un instant dans l'équipe 44, mais les mécanos de choc que sont Pedro et Marc diagnostiquent juste une fourchette de sélection déréglée et tout est remis d'équerre rapidement. Au passage, ça nous aura permis de voir en direct une ouverture de carter d'alternateur et d'admirer l'oeuvre d'allègement de la 1000SS dont tous les pignons sont ajourés au maximum possible.

Le contrôle administratif pour la course du dimanche se passe sans encombres. Par contre, c'est un poil plus compliqué pour le contrôle technique où 2 motos sur 3 sont recalées. La 45 est refusée par qu'elle a une seule durite de frein AV avec un T sur le garde-boue, alors qu'il faut soit 2 durites, soit un T au-dessus du té de fourche inférieur. Pour la 39, je ne sais plus ce qui cloche, mais ils sont recalés et il va falloir mécaniquer avant de représenter les motos. C'est là que Sarace entre en piste, puisqu'elle va faire un don d'organe à la 45, en l'occurrence un jeu de durites de frein AV qui passe de l'une à l'autre en l'espace d'une 1/2 heure, purge comprise. Fred et Bernard vont même pouvoir les tester pendant leur seconde séance d'essais libres. En toute fin d'après-midi, les 2 motos sont acceptées au contrôle, ça y est, on est dans la course, on peut fêter ça à l'apéro. Le beau temps semble être annoncé pour le reste du WE, le moral est au top !

La soirée de vendredi se déroule sans encombres, une partie de la troupe dont je fais partie part se coucher vers 22:30 (du jamais vu...). Il faut quand même préciser que cette partie contient plusieurs jeunes enfants, que notre gîte est à 25 km de là et qu'on a fait une prolongation une fois arrivés au gîte puisque nous avions appris que la courser durerait finalement 3h33 au lieu des 3h00 initiales, donc notre stratégie de relais, peaufinée pendant de longues soirées, est à revoir. Pas grave, armés de bières et d'un ordinateur, on met au point une nouvelle stratégie qui s'avèrera payante, on le verra par la suite... Dodo à minuit, le bizarrium du gîte n'a pas fermé tard, même s'il était quasiment à 100% breton, mais bon, c'est pas tout, le lendemain, c'est jour de qualification, il faut être au top !!!

Samedi 28 août : les qualifications

Réveil pour ma pomme vers 5:00 du mat' samedi matin avec un mal de tête carabiné et tous les symptômes d'une bonne gueule de bois. Je n'ai pas pourtant pas abusé la veille, mais peut-être qu'un trop grand mélange de différentes boissons, additionné à l'énervement et à la fatigue d'une nuit précédente très courte m'a mis dans un état "proche de l'Ohio". Je surnage difficilement jusqu'à l'arrivée sur le circuit, où Doliprane aidant et météo qui s'annonce clément me permettent de refaire surface et de rentrer doucement dans mon rôle de team-manager de l'équipe n° 45.

Ceux qui ont dormi sur le circuit ont une légère dent contre leurs voisins qui ont jacassé et fait la teuf jusqu'à point d'heure et c'est avec un léger sadisme qu'ils font chauffer les machines avec quelques coups de gaz au milieu d'un paddock qui se réveille doucement. La première séance de qualification est à 8:30, il s'agit d'être prêt.

Tout se déroule comme prévu pour les qualifs. Les pilotes des motos 39 et 44 sont dans des temps très voisins, tournant autour des 2:04 et 2:08, la 45 a des pilotes un peu plus dispersés entre 2:08 et 2:19, pas mal tout de même pour des rookies. Nos 3 motos sont assez proches les unes des autres sur la grille, dans le milieu du peloton qui contient 31 motos. Vu la grande disparité des équipages devant (les motos étant classées selon le meilleur temps des 2 pilotes et non pas la moyenne des 2 temps), on peut espérer des résultats intéressants pour la 44 et la 39 et une place très correcte en milieu de tableau pour la 45. Cela ne sera pas tout à fait le cas, mais laissons le suspens agir...

A midi, tout est plié pour nous concernant les qualifications, nous sommes à mi-chemin de l'objectif, il reste le plus dur à faire. L'après-midi est consacrée à la bricole sur les motos, elles ont beau être prêtes et on a beau vouloir appliquer l'adage "si ça marche, on ne touche à rien", c'est impossible d'empêcher les mécanos de tourner autour des motos et de finalement les démonter pour arranger le dernier petit détail "qui va bien et qui ira encore mieux, si, si, promis, juré..." ;-)

Sur la 45, Eric bricole les silencieux qui se baladent un peu beaucoup.

Sur la 44, on monte le bouchon de réservoir de la moto des Box23 (tombée en panne d'essence pendant la course du samedi après-midi, détail qui compte...), pour pouvoir utiliser leur derrick Acerbis très rapide au ravitaillement.

Sur la 39, on découvre avec un peu d'inquiétude que le garde-boue frotte sur la roue avant (pourtant il n'a pas la bavette liste ST approved montée aux boulons poëliers). Après analyse du problème, ce sont les durites de frein qui appuient dessus et on a quelques craintes sur le fait que la fourche de Mostro S4R adaptée sur cette moto n'a pas un débattement trop important qui pourrait occasionner une rencontre dangereuse entre le té inférieur et le pneu sur un gros freinage... Après avoir coupé pour rien le garde-boue, qui provenait de la ST4s d'Eric (imaginez la tête d'Eric découvrant son garde-boue en 2 morceaux :-( ), il est décidé de rouler sans garde-boue et de mettre la pré-contrainte à fond pour conjurer le sort...

De mon côté, je multiplie les briefing avec les différents membres de l'équipe qui officiera demain autour de la 45 :

  • Brigitte et Dominique au panneautage et choronométrage sur le muret,
  • Eric à la mécanique et au béquillage,
  • Stéphane au ravitaillement,
  • Laurent en pompier
  • Marie, la fille de Fred, au coaching "récupération des pilotes"

Chacun, chacune d'entre eux sait ce qu'il a à faire, et on verra par la suite, que tout sera bien fait...

En fin d'après-midi, samedi, tout le monde est là, pour un apéro où Coachette surprend tout le monde en offrant aux membres du Papyrex Team un joli porte-clé aux couleurs du team. L'émotion est palpable dans les rangs et nous avons tous à coeur de continuer l'aventure en terminant la course le lendemain, si possible bien placés.

Même topo pour le couchage plutôt tôt, mais il faut être en forme pour le lendemain. Le Macvin du Jura apporté par Coachette est sublimement bon, je m'en tiens à ça pour ne pas abuser et être d'attaque dimanche, la journée sera longue et difficile.

Dimanche 29 août : la course

Réveil aux aurores, on sent les pilotes de la 45 plutôt stressés au petit-déj dans le gite. C'est un peu compréhensible pour une première participation à une course au bout d'un an seulement de pratique du circuit...

Nous débarquons sur le paddock vers 7:00, où les équipes 44 et 39 s'affairent déjà et prennent bien soin de remercier leurs voisins de paddock de l'animation nocturne en faisant une petite animation diurne quand il s'agit d'emmener les motos au stand.

A 7:30, nous sommes déjà quasiment installés dans les box 23 et 24, où nos 3 motos cohabitent avec l'équipage n° 59 qui est un peu plus légèrement constitué que nous puisqu'ils ne sont que... 3, les 2 pilotes et le team manager, lâchés par leurs potes qui devaient venir les aider et ne sont pas venus. Le Papyrex Racing Team a du coeur, c'est connu et, en quelques minutes, ils ont un ravitailleur en la personne de Georges, une mécanicienne en la personne de Claire et Laurent, notre pompier, officiera pour 2 équipes.

Les motos sont mises en grille vers 8:15, puis elles partent pour 2 tours de chauffe qui se déroulent sans anicroches. Au moment du départ du 1er tour de chauffe, je réalise avec un peu d'anxiété que j'ai oublié de compter ces 2 tours dans mes calculs de consommation... Glups... Quelques instants de réflexion plus tard, j'en arrive à la conclusion que la marge de manoeuvre qu'on s'est imposée, pour assurer l'objectif premier qui est de terminer, nous laisse une grande confiance et que ce n'est pas la peine de changer quoi que ce soit à notre stratégie.

A 8h30 précises, Bernard s'élance vers la 45, Wim vers la 44 et Eric vers la 39, c'est parti pour 3h33 de course.

Rapidement, la 39 et la 44 se placent aux alentours de la 8ème position, la 45 étant elle aux alentours de la 20ème place. Bernard tourne très régulièrement en 2'10", pas besoin de lui panneauter quoi que ce soit, on est dans le tableau de marche prévu. Pour le premier relais sans ravitaillement, il nous fait une petite frayeur en ne voyant pas les panneaux successifs IN2, IN1 qui lui passait pour lui dire de rentrer dans 2 tours, puis un tour. On est obligé de lui repasser 2 fois le IN2 et il finit par le voir et le relais se déroule comme prévu. Fred part le mors entre les dents et très rapidement, il bat à chaque tour son record personnel : 2'18", 2'16", 2'14" et même 2'13". On est aux anges et notre moto gagne 2 places pour se caler à la 18ème place.

Pour la 39, tout se passe comme sur des roulettes, Eric nous gratifiant juste d'une arrivée au relais un poil musclée qui surprend toutes les équipes environnantes. La 44 écope d'un drapeau noir car elle fume beaucoup. Wim sort en catastrophe et le diagnostic est rapide : ce n'est pas de l'huile comme le craignaient les commissaires, mais de l'essence qui est venu remplir le récupérateur des reniflards et qui asperge ensuite la moto provoquant cette fumée. Pedro change le récupérateur, le ravitailleur fait le plein et la 44 repart confiante avec Lorenzo à bord.

Lorenzo déroule son relais sans encombres et passe ensuite le guidon à Wim. Quelques tours plus tard, il tombe en panne d'essence au milieu du circuit et il la ramène courageusement à la poussette. Il arrive au stand exténué. Pedro comprend enfin ce qui se passe. Le bouchon d'essence de la moto Box23, monté pour pouvoir utiliser le derrick Acerbis, fuit. Du coup, la consommation d'essence est bien plus élevée que prévu, d'où la panne d'essence des Box23 la veille et celle de la 44 ce matin. Caramba !!! 8 tours perdus pour la 44, dont la remontée commence...

Du côté de la 45, tout se déroule comme prévu, le second relais de chaque pilote se passe sans qu'on les voit trop faiblir. Les ravitaillements en essence se déroulent bien, même si notre derrick sans niveau visible nous complique un peu la tâche. Stéphane nous fait une frayeur sur le second ravito où il coince son gant dans le mécanisme de trop-plein du derrick, ce qui nous vaut un arrosage de la moto. Heureusement, on arrive à nettoyer avant que le commissaire FFM ne débarque sinon il nous aurait coincé au stand bien longtemps comme nos voisins de stand. A part ça, les relais se passent bien, on ne perd qu'une minute pour un relais pilote et à peine 2 minutes pour un relais pilote + ravito. Si notre derrick avait un niveau visible, on pourrait encore grapiller quelques secondes.

Les heures de course s'enchainent, notre position se stabilise à la 18ème place, le 17ème est une minute devant et ça reste constant, le 19ème est 2 tours derrière, donc pas de panique, on roule à la même allure, 2'15" pour Bernard et 2'20" pour Fred, car ils commencent à fatiguer. Sauf qu'un certain Wim sur une moto n°44 est déchainé et qu'il revient du diable vauvert en prenant 15" au tour aux motos devant lui, dont la 45... Grr... On ne va tout de même pas se piquer les places entre gentlemen du PRT, tente-je de négocier avec son team-manager Pedro... Tu parles, il ne veut rien entendre et fait passer des panneaux ++ à son pilote... M'enfin, il est parti d'un peu loin et arrive à revenir dans le même tour quand le drapeau à damier s'abaisse.

Pour la 39, c'est à quelques secondes près que se joue la 5ème place qu'ils perdent parce que le damier est passé après Jean-Luc et son poursuivant, celui gagnant donc encore un tour pour revenir sur Jean-Luc et le dépasser, ce qu'il fait sans coup férir...

Au final, nos 3 motos ont terminé :

  • 6 ème au scratch pour la 39 et 4 ème en + de 750 cm3
  • 16 ème au scratch pour la 45 et 6 ème en 750 cm3 pour la 45
  • 17 ème au scratch pour la 44

Sans les misères de bouchon de réservoir, la 44 aurait peut-être terminé devant la 39, ce qui sous-entendait peut-être un podium, dommage... On sera obligé de remettre ça l'an prochain, non ?

Dimanche 28 : le retour

Après la course, nous vidons le stand et retournons dans le paddock pour fêter tout ça dignement dans un bon apéro. Tout le monde est heureux de cette belle prestation du Papyrex Racing Team. L'idée de Pippa perdure, mobilise encore plus de monde et donne des envies à d'autres. J'ai les noms de futurs prétendants qui ont déjà acquis qui une moto de piste, qui une combine et qui se voient déjà en grille lors d'un 333 Molto...

Tout le monde part petit à petit, nous restons un petit groupe pour l'après-midi, et nous allons regarder la course des "grands", les multi-soupapes où ça envoie vraiment du gros... 4 heures à tourner à 3 en 1'55", là, ça devient déjà très sérieux...

Sur les coups de 19:00, je charge le bras oscillant de la 4s de Pierrot sur miss ST2 et je prends la direction de Rennes, piloté par un Tripy II à qui j'ai demandé une route touristique entre Le Vigeant et Rennes. Eh bien, j'ai été servi : 327 km de bonheur, avalés en 4:45 pour une arrivée à 23:45. J'ai enfin fait Angers - Rennes sous le beau temps, de nuit, mais par des routes bien plus intéressantes que la 4 voie habituelle.

Conclusion

Encore un superbe week-end de moto, avec de l'amitié, du courage, de l'organisation, de la rigolade, des sourires, des embrassades, du bonheur...

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Carénage : DesmodroMike & Moteur : VinceLP | Page vue 1 fois ce jour, 2 fois ce mois, 165 fois cette année