|
20 mai 2008 : 30 années de moto...
Dans quelques heures, je pourrai fêter mes 30 ans de passion pour la
bécane... Le 20 mai 1978, j'apprenais que j'allais pouvoir enfin
passer le permis A1, et remiser au fond du garage le Peugeot TSA qui
m'avait trimballé jusque-là et m'avait déjà permis de découvrir les
joies des balades pour aller voir des motocross au fin fond de la
Creuse, à Ahun, en partant de Limoges. Elle était bien, cette TSA,
mais il lui manquait tout de même des vitesses pour arriver à suivre
les potes en Peugeot SX5, SX5 Cross ou Gitane Testi et autres
Fantic...
Alors, le 20 mai 1978, sitôt les 16 ans passés, je me suis mis à
bûcher le code et fin juin, en même temps que les oraux du bac, j'ai
passé le A1 et pu enfin conduire ma 125, une rutilante Honda 125 XLS,
offerte par le pater familias, comme une sorte de cadeau d'adieu,
alors que la mater familias, elle, ne voulait pas entendre parler de
moto.
En ramenant la 125 XLS à la maison, j'avais bien vu dans les yeux de
mon père qu'il était heureux pour moi et qu'il m'avait fait le cadeau
dont je rêvais depuis qu'un jour de 1972, alors que nous venions juste
de nous installer à Limoges, un ami avait débarqué à la maison avec
une énorme Laverda orange. J'étais resté en admiration devant cette
moto et son pilote, que je n'ai jamais recroisé depuis. J'aimerais
pourtant lui dire que c'est grâce à lui que je fais de la moto
maintenant... et grâce à mon pater aussi...
La Honda 125 XLS m'a vaillamment emmené à l'IUT pendant 2 ans,
évoluant tout doucement au début, puis un peu plus vite une fois que
mon père avait disparu, l'affreux gamin que j'étais profitant d'une
mère qui ne connaissait rien à la moto pour bricoler la brêle et la
transformer progressivement en un engin de cross.
Certes, elle restait limitée en puissance, mais munie d'une
transmission raccourcie, elle me permettait quelques franchissements
osés et j'écumais avec, les bois autour d'Aixe sur Vienne. J'en
ramenais même quelques belles gamelles, avec un pied cassé tû pendant
plusieurs jours jusqu'à ce que la douleur ne soit plus supportable et
un réservoir enfoncé suite à un saut mal contrôlé, subissant une
tentative de décabossage dans le congélateur, sans que ça se voit...
la moto garée dans le garage avec une sorte de faux réservoir sous une
couverture pour que le subterfuge ne soit pas découvert...
Ensuite, les études m'ont éloigné de Limoges pendant 3 années, puis le
boulot m'a amené en région parisienne. Quand je revenais à la maison,
je retrouvais avec bonheur ce qui restait de ma 125 XLS, en faisait un
petit tour, puis la remisait de nouveau dans le garage. Elle n'était
plus très jolie à voir, mais elle roulait encore. Puis, un WE, je suis
revenu et elle n'était plus là : "je l'ai donnée à un casseur, elle était
encombrante dans le garage..." m'a dit ma mère... 't... je crois bien que j'en ai
chialé ce jour-là...
Plusieurs années sont passées sans bécane, je vivais à Paris et,
finalement, je m'en passais. J'avais découvert d'autres passions et le
virus semblait disparu. Jusqu'au jour où, allant chez mes futurs
beaux-parents, je découvre dans le garage une CB125 S3 en plutôt bon
état, bien que couverte de poussière. "Elle t'intéresse ? Si tu
arrives à la faire tourner, je te la donne", dit futur beau-papa. Le
reste des vacances fut consacré à remettre en état la bécane et elle
rentra à Paris avec nous, mais par le train.
Le virus était ré-activé et pendant 2 ans, j'ai roulé tous les jours
ou presque en CB125 S3 pour aller au boulot. Je l'avais affublé de
l'attirail parfait de la moto parisienne : manchons et tabliers, et du
coup, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, elle m'emmenait du 3ème
arrondissement à Vélizy... Ah, les virages de la N118 abordés à 80
km/h en montée au milieu des voitures et à bien plus que ça en
descente, toujours au milieu des voitures... De grands moments de
solitude, pendant l'hiver notamment. Mais je roulais et j'étais
heureux...
En 1989, arrivé à Rennes, je remisais miss CB125 S3 qui donnait des signes de
fatigue et lui adjoignait une Honda XR125 (j'étais définitivement
vacciné mono Honda) qui m'a emmené au boulot pendant 2 ou 3 ans. Je
n'éprouvais aucune envie d'autres balades, ces trajets routiniers me
suffisaient. Par contre, plus ça allait, plus je trouvais dangereux de
me trainer à 80-90 km/h dans un flot de bagnoles croissant. Le virus
venait de passer à un stade supérieur, il me fallait le permis A et un
gros cube.
L'hiver 94-95 y fut consacré et, en décembre 94, une Yamaha XT600
m'attendait dans le garage, ramenée à la maison par ma chère et tendre
de l'époque qui avait le permis moto depuis ses 18 ans, mais ne
conduisait plus... Un mois plus tard, début janvier, permis en poche,
je bravais l'hiver breton et découvrait qu'un gromono sur le verglas,
avec 2 semaines de permis, ça ne le fait pas et qu'on tient mieux à
pied à côté que sur la selle...
Arriva ensuite une Yamaha TDM 850, qui fut la moto avec laquelle je
fis ma première grande virée en gros cube, pour aller à la NC99.
Jusque-là, en 125, j'avais rarement dépassé les 200 ou 300 km de rayon
pour mes balades, et là, d'un seul coup, je découvrais qu'on pouvait
aller beaucoup plus loin à moto et surtout rencontrer des gens
passionnés du même sport, du même engin... Ce fut une révélation, une
vraie découverte et le début d'une grande histoire et d'un moment
important dans ma vie.
Place ensuite à la Honda VFR800, puis à deux Ducati ST2 dont j'ai
beaucoup parlé ici, à laquelle s'est adjointe maintenant une Yamaha
XT500.
Au-delà de ces bécanes, je retiens surtout toutes les personnes
rencontrées grâce à la moto, d'abord sur FRM, dont beaucoup sont
présentes ici, puis sur d'autres MLs ou forums et aussi dans la vraie
vie, par le biais de balades organisées informellement sur la région
rennaise...
Voilà, ça fait 30 ans que ça dure, 30 ans que je monte toujours avec
le même plaisir sur cet engin qui défie toutes les lois de la
physique, mais surtout qui facilite tellement la rencontre. Combien de
fois ai-je été étonné de voir quelqu'un venir vers moi pour me parler
moto, alors qu'il m'aurait ignoré si j'avais été en voiture ! Combien
de fois me suis-je retrouvé à parler à de parfaits inconnus comme si
on se connaissait depuis des lustres !!
Je voulais partager ce moment avec vous, mes potes motards, que je cotoie
depuis maintenant 9 ans et qui m'ont fait découvrir des facettes de la
moto que j'ignorais.
MERCI !!! |