Le WEST aura lieu à l'Alpe du Grand Serre, commune de La Morte,
lieu-dit le Désert, qu'il avait dit le zorga bedonnant...
Il aurait mieux fait de le faire à l'Alpe du Grand Essoré, commune de
La Mouille, lieu-dit l'Eponge, vue la flotte qu'on s'est pris...
Vendredi 13 mai
Départ à 9:00, de ma BZHie préférée, il fait beau et
chaud et j'enquille la route jusqu'à Angers pour retrouver Fred sous
les jupes du roi René. Il est au RV, mais Stéphane le nantais nous
fait faux-bond, il cherche sa carte bleue. On repart donc à 2 pour 800
km de 'tocroute, passionnant... 2 ou 3 enfilages de combinaison plus
tard, nous débarquons à Vienne, Isère, pour récupérer les locaux de
l'étape qui vont nous convoyer jusqu'à La Morte.
A l'entrée de Grenoble, on récupère les parigots, on les enfume grave
et on arrive tous ensemble au gîte. On est les derniers, ils sont
venus, ils sont tous là, la Mamma... enfin, ils ont surtout tous une
bière à la main, soif... toussa...
Blabla, comment ça va depuis le dernier WEST, blabla, t'es qui toi,
blabla, elle est bien ta bécane, blabla, ils marchent comment les
régulateurs de vitesse Renault ? blabla, faîtes pas chier, qu'il dit
l'Avérell dans sa belle polaire aux couleurs Renault !
A table, à table... les groupes se forment, on se goinfre et on peut
attaquer la première soirée bizarre, certains déclarent forfait bien
vite, ils doivent vouloir être en forme le lendemain pour pourrir les
copains... tu parles...
Samedi 14 mai
Temps superbe, on voit à peine le mur en face du
parking, la route est transformée en torrent, tout baigne... les
zorgas semblent inquiets, tendus voire nerveux, on le serait à moins.
M'enfin, le p'tit déj passé, les premières combines de pluie sorties,
tout le monde se prépare gentiment. Tout le monde ? non, les tafioles
sudistes décidées à rester des tafioles sèches restent au gîte.
Quelles lopettes des bois !!!
Les autres partent en 4 groupes : les plus rapides, les moins rapides
que les plus rapides, les plus rapides que les moins rapides et les
moins rapides que les moins rapides. Je serre-file le groupe des plus
rapides que les moins rapides, mené par un zorga bedonnant au bedon
qui va devenir bleu de froid, because il a oublié sa combine de
pluie...
Ne me demandez pas par où on est passé, à part entre les gouttes, je
ne sais pas. On a fait une 100aine de kilomètres avant de rebrousser
chemin pour se mettre au sec au gîte et réchauffer notre zorga
grelottant.
A 15 heures, le soleil apparait, Seb me met au défi d'aller faire
sécher les vestes et nous voilà partis avec Christian, le lecteur de
puce, pour une petite virée de 100 kilomètres : au programme, la
corniche du Drac, la remontée sur la Mure (ah, la Mure, toujours la
Mure) et le retour par la route entre la Mure et la Morte pour une
prise de repères de freinage. La corniche du Drac, c'est de la petite
route comme je les aime (et comme les aiment moins mes amortos) :
étroite, bosselée, virevolteuse avec quelques jolies marches où la
moto tombe des 2 roues, un vrai bonheur à enquiller à des vitesses
inavouables.
Retour au gîte, mission accomplie, les vestes sont sèches, et la
journée est sauvée !
Repas pantagruélique, tartiflette à volonté, et soirée bizarre velue,
la chataigne corse est de sortie. J'en profite pour traiter la
desmoulinette de Claude de vibreur mobile, ben oui, elle est rouge et
blanche et elle se traine...
Dimanche 15 mai
Le soleil est enfin là, marrant comme le petit-dej est
vite pris !
On refait les 4 groupes : les moins lents, les plus lents que les
moins lents, les moins lents que les plus lents et les plus lents que
les plus lents. On est censé être le 3ème groupe, on verra plus tard
que non...
Alors, là, mes amis, c'est l'orgie de cols, l'orgasme du virolo, la
débauche de l'angle, le trop plein de freinage... au programme : le
Lautaret, l'Izoard, le col de Vars, la descente sur le lac de
Serre-Ponçon, la spéciale jusqu'à Savines le Lac et le retour par la
route Napoléon et la remontée de la Mure... que du bonheur !
Bon, on oublie le strike de 3 ST et 1 Mostro par terre sur le parking
à Savines, on oublie la Deauville qui me fait l'inter dans une grande
courbe sur la N85, on garde juste en mémoire tout le reste pour les
longues soirées d'hiver.
Avec Pascal Armagnac, on a serre-filé le groupe toute la journée, alors dans les derniers 20 km
on craque et on part comme des obus pour terminer en vrac avant eux ;-)
Retour au gîte après 400 bornes de virolos, les sourires sont sous les
casques, on pourrait en faire un régime de bananes entier !
Soirée bizarre fort tardive, comme à chaque dernière soirée de WEST,
on dirait que les listeux prennent plaisir à causer une dernière fois.
Lundi 16 mai
La pluie est revenue. Pô grave, il faut partir, alors...
Tout le monde s'en va progressivement, il reste juste les locaux,
Fred, Raph et Christian qui ont des histoires de pneu et la bande de 6
malades qui va partir pour 7 jours de roulage en Italie. Au moment où
nous allons démarrer, nous voyons Mash arriver. La bande est au
complet pour descendre à Nice, notre première étape... Il y
a là Desmomo, la dame en Mostro 1000DS, Pierrot son homme en ST4s, Fast
Philou et sa BM Rockster, juste bonne à freiner sur le mouillé, Lorenzo,
Mash, Christophe et ma pomme en ST2 Rouge (les meilleures).
Jusqu'à Nice, par la route Napoléon, nous accompagnent des listeux du
Sud : Waïme de Naïce, Philsega, Dominique et j'en oublie peut-être... Le
trajet est humide, la route glissouillante, à tel point qu'on croise 2
voitures dans les fossés, dans les virages qui suivent Castellane, pas
très rassurant toussa. Nous prenons un repas vite fait au MacDo à Digne,
Fast pose de sérieux problèmes à la caissière avec son billet tout
mouillé : "Il va mouiller les autres, z'avez pas un sèche-cheveux ?",
demande-t-elle à ses collègues. S'il n'avait que le billet mouillé, le
père Fast, ça irait, mais là, il semble trempé jusqu'aux os, le gars
chétif. Je lui file mon pantalon de pluie, histoire qu'il termine un peu
au chaud le trajet.
Arrivés au dessus de Grasse, la pluie nous quitte définitivement, la
route sèche, nous pouvons nous arrêter en terrasse boire un bon
chocolat, avant de quitter les autres listeux. En fin d'aprem, nous
arrivons chez Wim et je peux commencer à déshabiller miss ST2 qui s'est
prise à chanter fort, voire siffloter "j'ai les bretelles trop
tendues"... Mash diagnostique une tension des courroies un poil forte,
on les détend, et on remonte tout le carénage, en faisant une petite
opération de kékétisation : l'ablation des schnorkels en entrée de boite
à air. Je gagne au moins un 1/2 cheval entre 4250 et 4256 tr/mn, mais
quel bruit, maqué on croirait une desmosedici à l'accélération, ma ST2
maintenant...
Barbecue le soir sur la terrasse, jusqu'à fort tard, on dirait le sud,
le temps dure longtemps, plus d'un million d'années et toujours en
été... je divague... couchage dans la piaule du grand fiston de Sylvie,
nous nous endormons au milieu des posters de footballeurs, la tête
pleine de rêves de virolos. C'est pour demain !
Mardi 17 mai
Grand départ pour l'Italie, Waïme de Naïce nous fait un
petit tour sur la plage de Cagnes sur Mer, on aurait pu s'en passer, on
a surtout fait "bouchon". Nous prenons ensuite la direction de Nice et
des gorges de la Vésubie, vous savez, celle où les lignes blanches
dansent devant vous à s'approcher et s'éloigner de votre roue AV, un
vrai bonheur cette route jusqu'à Lantosque, avant d'attaquer le col du
Turini.
Justement, je ralentis pour attendre Desmomo qui semble à la peine et
alors qu'elle m'a rejoint accompagnée par son Pierrot, ils me passent,
s'éloignent et prennent la mauvaise route, suivant les autres qui se
sont trompés aussi. Je m'arrête au carrefour vers le Turini, essaie de
les joindre au tel., peine perdue. Je repars donc doucement dans la même
direction qu'eux, en espérant qu'ils vont faire demi-tour, ne me voyant
plus, sinon on est partis pour un détour énaurme pour arriver en
Italie... Christophe revient pour me prévenir que Desmomo a crevé, et
qu'ils sont arrêtés plus loin. On les rejoint, Pierrot le bombeur a fait
son office, mais la réparation à la bombe semblant plus qu'aléatoire,
nous décidons de revenir à Lantosque où un petit garage était ouvert.
C'est un garage auto, mais le mec fort sympa a le matériel pour démonter
un pneu de bécane et poser des champignons. Zou, 4 moëllons, nous
hissons le Mostro dessus et en 2 minutes la roue est dans le garage !
Une 1/2 heure + tard, elle n'est toujours pas démontée, nous n'avons pas
le même référentiel de temps que le garageot. Une heure plus tard, elle
est enfin remontée, et nous allons manger à Lantosque, dans un gastos où
le cuistot nous amène tous les restes de plats, parce qu'"à moto, il
faut bien manger pour bien rouler"...
Nous reprenons ensuite la route vers le Turini, madoué quel col celui-là
: épingle sur épingle sur épingle, avec un paysage à couper le souffle.
Par contre, la chicane mobile sous forme de 35T avec une grue, ça le
fait moyen, on dira... Tout le monde a un sourire énorme en arrivant en
haut et nous plongeons dans la descente qui vaut largement la montée.
Nous enchainons ensuite sur le col de Brouas, des beaux grands virolos,
des belles épingles larges, un revêtement nickel, que demander de plus !
Mash me gratifie d'un dépassement façon païlote, genou au sol avec les
valises, je ne peux qu'exploser de rire dans le casque, j'aurais aimé
avoir un appareil photo !
La pluie nous rattrape à Tende, et nous franchissons le tunnel de Tende
en espérant qu'elle n'est pas aussi côté italien, mais elle a bien
franchi la frontière elle aussi... Dans la descente du col de Tende,
ligne continue tout du long, nous hésitons à doubler, puis vu comment
certaines voitures font du remonte-file, nous en déduisons qu'une ligne
blanche est franchissable en Italie et nous allons en dévorer jusqu'à la
fin du séjour.
Premier plein en Italie, Fast essaie de voler le pompiste en payant une
carte téléphonique à la caissière plutôt que l'essence au mec qui court
partout devant les pompes. S'ensuit un grand moment d'explication en
petit-nègre italien mélangé d'anglais, de français et tout le monde
finit par se comprendre... Nous pouvons repartir, guidés par la petite
boite magique du BMWiste, qui va nous faire longer l'autoroute pendant
des kilomètres, occasionnant un certain énervement vu qu'il reste encore
bcp de bornes jusqu'au gîte et que l'heure avance. A une 100aine de
bornes du gîte, une scission s'opère, sous ma houlette, nous prenons
l'autoroute et Fast continue avec sa prothèse à désorienté par les
petites routes. Nous arriverons en même temps au gite, de 2 directions
opposées, mais Fast aura loupé un grand moment d'engueulade entre 2
péagistes au péage d'entrée, alors que les machines refusent de nous
filer des tickets, mais que les barrières s'ouvrent. A l'heure qu'il
est, les 2 péagistes ont dû s'étriper, mais on a eu nos tickets ;-)
L'hôtel où nous logeons n'a certes pas le charme du Grand Hotel des Iles
Borromées, mais il n'en a pas non plus le prix. Néammoins, on a une
superbe vue sur le Lac Majeur, enfin, on aura une superbe vue, quand les
nuages seront partis...
Excellent repas, et dodo en partageant la piaule avec Fast et
Christophe, je mets double-dose de bouchons d'oreilles et ça suffit à
peine...
Une nuit réparatrice nous attendait, à peine
troublée par les ronflements de Christophe... sauf que le gars est
équipé comme sa ST2 d'un nez homolokoi et ça cause ! La tête du gars
Fast au petit matin en disait long sur le raffut enduré pendant une
nuit !!
Mercredi 18 mai
Qu'à cela ne tienne, ce mercredi matin était LE grand jour, celui où
nous allions visiter l'usine Ducati et le musée Ducati ! Il restait
juste à se coltiner 400 kilomètres de 'tocroute vu que les virolos
dans la plaine du Pô, ils ne connaissent pas encore. Ainsi donc, nous
voici partis derrière le BMWiste à boite magique qui nous guide à
travers les embouteillages de Milan (plutôt efficace), ceux de
Piacenza, de Parme. Tiens, pourquoi il sort là, alors que l'autoroute
va direct à Bologne et qu'on a encore 130 km à faire en ligne droite ?
ah, c'est sa boite magique qui lui a dit de sortir pour aller prendre
une autoroute qu'on va croiser dans 3 km... allez comprendre les
mystères de l'algorithme de routage du bouzin... toujours est-il qu'on
rattrape notre BMWiste par les valises et on fait tous ensemble
demi-tour dans le péage, pour reprendre l'autoroute de Bologne.
Arrivée à l'usine à 14:00 pile, j'avais prévu une visite du musée
jusqu'à 16:00, heure à laquelle nous étions inscrits pour la visite de
l'usine, mais le gardien me reçoit dans un grand éclat de rire : "ma
qué, il est 2 hores, et c'est à 4 hore l'usine et le museo !!!"
grrrmmbbblll, on part donc chercher notre gite du soir, un agriturismo
perdu dans la campagne bolognaise. Le BMWiste à boite magique nous
emmène très sûrement, jusqu'au sommet du Monte Obrero, alors qu'on
cherche le village de Monte Umbraro, à 600 mètres de là. Y'a pas à
dire, on peut avoir confiance dans l'électronique, mais quand on lui
dit de faire une c<meeeep>rie, elle la fait sûrement et efficacement !
Qu'à cela ne tienne, nous retournons à l'usine, par un autre chemin
qu'à l'aller, encore un des mystères du routage GPS.
Et à 16:20, après être passés au Desmo Bar où les employés de Ducati
viennent siroter un espresso bien serré, nous pénétrons dans le
premier hall de l'usine, celui de l'usinage des moteurs. Nous voilà
dans la mecque des Ducatistes, nous faisons notre El Hadj, dirait les
méchantes langues...
Ducati reçoit donc les pièces moteur brutes de fonderie et réalise
l'usinage des plans de joints, perçages et autres finitions dans des
machines à commande numérique.
Ensuite, nous passons dans le hall du montage des moteurs : chaque
ouvrier reçoit du "supermarket" un caddy composé de plusieurs
compartiments dans lequel un moteur entier est en pièces détachées. Il
accroche le caddy à un bâti de montage et commence à monter le moteur
en avançant régulièrement sur la chaine pour trouver les outils dont
il a besoin : clé dynamométrique électronique pré-étalonnée, machine à
enduire les plans de joints, outils spéciaux, etc... A la fin de la
chaine, le moteur est prêt à être testé sur un banc où il est entrainé
par un moteur électrique pour vérifier son bon fonctionnement. si
c'est OK, il est envoyé au hall de montage des motos.
Dans ce hall, Ducati reçoit les cadres Verlicchi peints, les roues
peintes et montées et chaque ouvrier travaille en simultané sur
plusieurs motos dont il assure le montage entier. A la fin de cette
chaine, la moto est roulante, mais sans carénage, ni accessoires.
Elle est installée sur une plateforme de test, remplie en huile,
liquide de refroidissement et essence et démarrée pour une 10aine de
minutes au ralenti. Elle est alors réglée et envoyée au test
dynamique, dans une cabine insonorisée et aérée.
Là, elle subit 5 minutes de roulage à différentes vitesses, la roue AV
bloquée dans un sabot, la roue AR sur des rouleaux. Le testeur
l'emmène jusqu'à 150 km/h et tire bien sur tous les rapports, de quoi
faire réfléchir par rapport à la nécessité d'un rodage soigné... Si le
test est concluant, elle part dans le hall d'expédition, sinon elle
revient sur une chaine où elle est contrôlée et réparée.
L'usine comporte 3 chaines : superbike, SS & ST, Mostro et
Multistrada. Seule cette dernière tournait bien, les autres étaient
soit au ralenti, soit carrément arrêtée pour les SS & ST.
Ducati Bologne, c'est 1000 personnes, dont 300 au service Ducati Corse
(le service compétition) qu'on a juste vu par un petit hublot dans le
hall des moteurs. Apparemment, les affaires ne vont pas très fort en
ce moment... :-(
Nous passons ensuite à l'étage dans le musée, et là, mes amis, c'est
la caverne d'Ali Baba Ducati !! Seulement une petite centaine de
bécane, mais que des modèles uniques de compétition, les vraies pas
des répliques : 750 Paul Smart, 900 Mike Hailwood, 888 Doug Polen,
Raymond Roche et M. Luchinelli, 9x6 Carl Fogarty et Troy Bayliss, 999
Toseland, Desmo16 Capirossi, que du beau matos superbement présenté !
Non contents de tout ça, Christophe et Lorenzo s'échappent dans un
couloir proche, où sont exposées d'autres bécanes dont un superbe
Scrambler, et ils sont rattrapées par notre guide, fort inquiète
qu'ils aient réussi à aller jusque devant la porte du PdG, Minoli ;-)
Voilà, nous avons visité le Saint des Saints, nos ST sont revenues à
leur source, comme les saumons reviennent au lieu de leur naissance,
tout baigne ;-)
Nous quittons l'usine vers 18:00 en même temps que les derniers
ouvriers et nous allons au Ducati Store tout proche. Une moitié du
magasin sert à écouler les stocks d'invendus, avec au minimum 50% de
remise, certains d'entre eux font fondre leur Carte Bleue.
Il est temps de se diriger vers notre gite, nous retournons jusqu'au
dernier village traversé et je vais demander notre chemin au bar :
"sempre dretto, a destra al ponte, sempre dretta e a Monte Umbrero, la
direzzione Zocca", ça devrait le faire... Ca le fait jusqu'à Monte où
je dois encore demander mon chemin, et le gars très gentil prend sa
bagnole et nous amène jusqu'à l'Agriturismo Tizzano, perdu au milieu
des champs.
Comme son nom l'indique, un Agriturismo, c'est une ferme qui reçoit
des touristes, mais quelle réception : locaux flambants neufs,
superbement équipés, et repas à la maison, et quel repas !!! des
fromages à profusion, des pâtes à la bolognaise succulentes, un petit
pinard sympa et la grappa offerte après les pancettas bien chaudes, un
vrai bonheur !!!
Cette fois, on a mis Christophe tout seul, la nuit sera profitable...
et il le faut, car jeudi est une grosse journée de Bologne à Bergame
par le lac de Garde et Madonna de Campiglio...
Nous avons mis Christophe tout seul, enfin disons
seul dans une piaule de l'appart qu'occupent Desmomo et Pierrot, et le
matin, Pierrot se plaint de vibrations des cloisons ;-) Fast a l'air
reposé, par contre. Ca vaut mieux, la journée va être longue.
Jeudi 19 mai
Nous quittons nos hôtes après un petit dej' copieux et prenons la
direction du Nord, via les petites routes. La boite magique nous fait
faire quasiment du tout-terrain, en fait les ST s'avèrent être
d'excellents trails. Mash nous fait signe de nous arrêter à la sortie
d'un village, son câble de compteur est cassé. Il extrait le bout
cassé et nous repartons.
Nous traversons la plaine du Pô du sud au nord, en passant par Modène,
à quelques centaines de mètres de l'usine Ferrari, qui ne paie pas de
mine d'ailleurs. Lorenzo et Christophe nous quittent pour rentrer en
France. Les 5 autres continuent en direction du Lac de Garde, par la
'tocroute car l'heure avance et que les traversées de ville nous
ralentissent grandement. A 13:00, nous voici dans un resto au bord du
Lac de Garde, il fait grand beau et on n'a vraiment pas des vies
faciles, faciles. Nous remontons ensuite la rive Est du lac, blindée
de bagnoles et bus, mais malgré tout très jolie. Sur la rive Ouest, la
montagne tombe directement dans le lac, très impressionnant ! Les
montagnes enneigées au fond ajoutent à la majesté du paysage.
Au Nord du lac, nous nous dirigeons vers Madonna di Campiglio, station
de ski réputée. La route pour y monter est fort sympathique, mais les
villages à traverser nous empêchent de rouler à notre main. Le paysage
à Madonna est à couper le souffle, avec des sommets tout proches,
encore très enneigés. Nous prenons ensuite la direction de Bergame,
par le campo Carlo Magno et le col de Tonale : 100 km de virolos
non-stop, des petits, des grands, des qui se referment, des qui
s'ouvrent, le tout sur un bitume nickel !!
L'arrivée à Bergame se fait aux alentours de 20:30 et la petite boite
magique nous emmène jusqu'au gite, un Agriturismo urbain ;-) très
confortable, mais coincé entre voie ferrée et aéroport, on peut
trouver plus calme. Nous repartons manger en ville et tombons, par
hasard, sur un petit gastos dont le patron est fier d'exhiber un
dessin d'une 888, numéro 3, dont pilotée par M. Luchinelli, ça nous
met tout de suite en phase avec l'aubergiste quand on lui explique
dans notre italien de cuisine qu'on est ducatistes ;-) A la fin du
repas, très bon, il nous offre la grappa !
Dodo et demain, vendredi 20/5, on reprend le chemin des penates.
Vendredi 20 mai
La journée démarre par la séparation du groupe : Desmomo et Pierrot
redescendent sur le Var, Fast, Mash et ma pomme allons jusqu'à Dijon
pour voir les Coupes Moto Légende. Comme hier avec Lorenzo et
Christophe, on a toujours un petit pincement au coeur quand ces
moments-là arrivent, on est tellement bien à rouler avec ses potes que
l'instant de la séparation est toujours un poil pénible !
Allez zou, trêve de sensiblerie, on a de la route à faire ! direction
Côme et son lac, qu'on ne verra finalement pas, car les routes sont
blindées de monde, le nord de l'Italie étant très peuplé. Avant
d'arriver à Côme, on cherche grâce à la boite magique un magasin
Ducati pour remplacer le câble de compteur de Mash, enfin de sa ST2...
Le DS de Bergame n'étant pas sur notre route, nous nous décidons
d'aller vers le magasin de Zogno que nous a indiqué, par SMS, RManuR
le GPS vivant de Fast ;-)
Nous trouvons le petit magasin-atelier, 20 m2 à tout casser, où trône
un Scrambler en vitrine et une ST4s sur la table-atelier. Avec
quelques gestes, on fait comprendre à Fabiano pourquoi on vient, 30
secondes après, il est au téléphone avec le DS de Bergame et nous
annonce que le câble est disponible. Il nous explique, tout penaud,
qu'il doit rendre la ST4s ce soir, sinon je pense qu'il l'aurait
dépouillée de son câble de compteur pour dépanner Mash. La discussion
continue sur ses bécanes, une ST3, un Scrambler et une 888. Il nous
raconte dans un mélange de français, d'italien et d'anglais comment il
est allé jusqu'à Montbéliard en Scrambler, avec bruitages à la clé, on
est tous hilares dans le magasin. Il nous parle de la grosse virée
qu'il va faire en France en juin, elle passe par Rennes, tiens
d'ailleurs ;-) et il tient absolument à nous expliquer comment aller
au DS de Bergame. Au moment où nous allons le quitter, il disparait
dans la cave de son magasin et remonte avec une brassée de pin's qu'il
nous offre dans un grand éclat de rire, quelle belle rencontre !!! on
n'a rien acheté à ce gusse, qui nous a reçu comme s'il nous
connaissait depuis longtemps, vraiment super !!!
Nous reprenons la route vers le Nord-Ouest et chopons dès que possible
la 'tocroute de la vallée d'Aoste. On a fait beaucoup d'autoroute,
mais la densité de population en Italie du Nord fait qu'on traverse
sans cesse des villages, sur les autres routes, et qu'on a alors une
moyenne d'escargot... Nonobstant, la 'tocroute de la vallée d'Aoste
est superbe et la sortie impromptue, dûe à la boite magique, 25 km
avant le col du Grand St-Bernard, nous donne l'occasion d'une nouvelle
rencontre sympathique.
Nous sommes arrêtés à la sortie du péage, en train de mettre au point
la suite du roadbook, quand s'approche une voiture de police. Je
maugrée "zut, on va avoir droit à un contrôle...". La voiture s'arrête
à côté de nous et la première question est "problema ?". Tiens, ça se
présente bien. Nous expliquons que tout va bien, le policier comprend
qu'on est français et il entreprend notre BMiste sur sa K1200R "déjà
arrivée en Francia ?", puis il se ravise quand il voit que c'est un
flat et nous parle alors de sa 1150 GS fortement kilométrée et de la
650GS de sa femme, le tout en nous glissant entre-temps qu'il ne faut
pas qu'on reste là, c'est dangereux. Tout ça se passe sourire aux
lèvres, dans une ambiance très cool. Voyant nos ST2, il nous vanne en
prétendant qu'on est toujours chez le "meccanico", ils ne respectent
rien, ces italiens... ;-) Les policiers nous laissent là en nous
souhaitant "bon viaggo" et nous repartons pour franchir le col du
Grand St-Bernard par le tunnel, car le col est encore fermé à cause de
la neige.
Il nous reste encore à traverser la Suisse, en contournant le Léman
par Montreux et Lausanne, pour ensuite monter vers Pontarlier, Dôle et
Dijon, on n'est pas arrivés, et il est déjà 5:00 de l'aprem... Fast
nous guide avec sa boite magique, mais il a oublié de décocher la case
"'tocroute" et nous voilà en train de partir vers Genève, donc le
sud-ouest, alors que nous devons aller au nord-ouest et que nous
n'avons pas la vignette autoroute suisse, ça craint... je maudis sous
mon casque cette petite boite magique et reprend les rênes pour faire
sortir tout le monde à St-Cergue. Ca nous vaut de faire cette superbe
montée, très viroleuse, quoique pourrie par une trace de gasoil
douteuse. On croise un supermot' qui envoie du gaz, son pote suit à
peu près, le 3ème est carrément en vrac, il va falloir faire gaffe.
Après St-Cergue, on passe aux Rousses, puis à Morez, St-Laurent de
Grandvaux et Champagnol (du bonheur en barre, cette nationale très
viroleuse). Nosu chopons la 'tocroute vers Dijon aux alentours de Dôle
et arrivons à l'étape à 21:00, longue journée, encore...
Repas au Courte Paille local et dodo, la journée de samedi va être
riche en bons moments.
Samedi 21 mai
Bon, elle commence juste par une ch'tite déception, le temps est gris et
il pleut même au moment où on arrive au petit dej'. Elle continue par
la décision de Fast de rentrer plus vite, maibon c'est pour une bonne cause ;-)
Nous voilà donc 2 rescapés, Mash et ma pomme, prêts à aller admirer des vieux
brêlons avec des vieux pilotes sur un circuit, le tout sous la pluie.
Nous ne prenons qu'une seule brêle, et j'emmène donc Mash en passager, il ne pèse rien le bougre. Arrivés au circuit, nous avons le plaisir d'être dirigés vers le parking Ducati, ce qui nous évite une bonne queue aux caisses (pas de contrepèterie, cherchez pas ;-)). Nous posons nos affaires dans les valoches et voyons arriver 3 liSTeux : slow Philou, Gilbert et madame. Nous discutons 5 minutes et nous dirigeons vers le circuit. 10 minutes après, dans le village des constructeurs, nous les avons perdu et décidons alors de passer sous la piste pour aller visiter la bourse d'échange.
Incroyable, le nombre de vendeur, le mec qui cherche une pièce particulière a toutes les chances de la trouver, mais ça lui prendra le WE pour faire le tour de tous les stands. Les vendeurs sont généralement spécialisés dans une marque ou un type de pièces, et il y a en plein qui vendent des bécanes, à des prix somme toute corrects.
Nous faisons ensuite le tour du coin des clubs, repérons la Scuderia Guzzi très bien équipée en Barnum, bar et barbecue. Mash fait coucou à ses potes du Benelli club et nous assistons à la livraison d'un moteur de Benelli 750 Sei refait à neuf : superbe !!!
On ne sait plus où donner des yeux tellement il y a des bécanes exceptionnelles à voir partout. De plus, comme tout se passe avec le circuit et les bécanes qui tournent en fond d'écran, ça donne une ambiance surréaliste ! La foule est importante, mais très calme et souriante, l'ambiance est vraiment super !
Nous nous dirigeons ensuite vers la ligne des stands pour admirer les bécanes de Grand Prix et là, c'est carrément l'extase !!! Les stands regorgent de bécanes célèbres, ayant toute un palmarès long comme un jour sans pain et d'anciens pilotes sont là pour les faire tourner. Nous assistons à la mise en pré-grille des motos de GP des années 70, catégorie 350 cm3 et +, et ça nous donne l'occasion de voir un Phil Read faire craquer une Paton au bruit superbe, d'entendre la MV Agusta d'Agostini chauffer doucement dans le paddock pendant que son pilote essaie d'échapper à ses fans pour arriver à l'heure en pré-grille. On croise Christian Sarron, Eric Saul et certainement plein d'autres qu'on ne reconnait pas.
Le bruit des 2T et 4T est carrément dantesque, ça prend aux tripes, et je me dis que j'ai vraiment été trop con de ne pas m'être intéressé à la moto plutôt, car j'aurais pu alors assister à des Grand Prix à ces époques-là...
Une fois en piste, ces pilotes retrouvent leur attitude d'antan, ils ont beau être en démo et pas en course, et rouler sur des bécanes uniques, ils envoient du gaz comme si leur saison dépendait de cette course. Impressionnant...
Mash disparait dans l'après-midi pour participer à une réunion de préparation du Trofeo Rosso, j'en profite pour terminer ma visite du paddock. Je le retrouve ensuite et nous partons finir cette visite ensemble. Une journée n'est pas suffisante pour tout voir, c'est clair...
Un énorme orage tombe sur le circuit et nous nous réfugions sous la première tente, celle du club Ratier, ce qui nous vaut plein d'explications sur ces bécanes. C'est vraiment super de discuter avec des mecs passionnés comme ça par une marque ou un modèle de moto, ce sont des vraies encyclopédies et ils te racontent ça comme s'ils t'ont toujours connu, y'a pas à dire, le milieu de la moto est un milieu où il fait bon vivre...
Nous retournons à notre hôtel vers 8:30 et retrouvons Dzusy et sa bande de potes japoniaisants qui le vannent sur sa Ducati, mais il fait front le bougre.
Allez, zou, dodo, demain il faut rentrer à Rennes, la journée s'annonce longue.
Dimanche 22 mai
Je quitte Mash vers 9:00, tente de partir sans combine de pluie, mais je suis obligé de m'arrêter au bout de 5 km pour enfiler ladite combine... 8 jours de pluie sur 10, on n'a pas été gâtés de ce côté-là.
Je rentre sur Rennes uniquement par les départementales selon la technique bien connue du trait droit sur la carte, et ça me permet de découvrir des routes et coins sympas, dans des coins qui paraissent pourtant insipides à moto, aux alentours de Bourges et Vierzon. Le seul détour que je m'autorise, au début de la journée, c'est une descente vers le sud-ouest pour passer dans le Morvan : Autun, Chateau-Chinon, Clamecy, je vous conseille ça... du bonheur en barre !
A 17:00, j'arrive à Rennes, tout content de retrouver ma ch'tite famille. Miss ST2 a 4800 km de plus au compteur, j'ai plein de souvenirs dans la tête, des souvenirs de belles routes, de grosses rigolades avec les potes, de bons repas, de superbes paysages !
Vivement la prochaine virée !!!