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Balades moto > Grosse Virée 2005 > Compte-Rendu > Le compte-rendu

Le WEST aura lieu à l'Alpe du Grand Serre, commune de La Morte, lieu-dit le Désert, qu'il avait dit le zorga bedonnant... Il aurait mieux fait de le faire à l'Alpe du Grand Essoré, commune de La Mouille, lieu-dit l'Eponge, vue la flotte qu'on s'est pris...

Vendredi 13 mai

Départ à 9:00, de ma BZHie préférée, il fait beau et chaud et j'enquille la route jusqu'à Angers pour retrouver Fred sous les jupes du roi René. Il est au RV, mais Stéphane le nantais nous fait faux-bond, il cherche sa carte bleue. On repart donc à 2 pour 800 km de 'tocroute, passionnant... 2 ou 3 enfilages de combinaison plus tard, nous débarquons à Vienne, Isère, pour récupérer les locaux de l'étape qui vont nous convoyer jusqu'à La Morte.

A l'entrée de Grenoble, on récupère les parigots, on les enfume grave et on arrive tous ensemble au gîte. On est les derniers, ils sont venus, ils sont tous là, la Mamma... enfin, ils ont surtout tous une bière à la main, soif... toussa...

Blabla, comment ça va depuis le dernier WEST, blabla, t'es qui toi, blabla, elle est bien ta bécane, blabla, ils marchent comment les régulateurs de vitesse Renault ? blabla, faîtes pas chier, qu'il dit l'Avérell dans sa belle polaire aux couleurs Renault !

A table, à table... les groupes se forment, on se goinfre et on peut attaquer la première soirée bizarre, certains déclarent forfait bien vite, ils doivent vouloir être en forme le lendemain pour pourrir les copains... tu parles...

Samedi 14 mai

Temps superbe, on voit à peine le mur en face du parking, la route est transformée en torrent, tout baigne... les zorgas semblent inquiets, tendus voire nerveux, on le serait à moins. M'enfin, le p'tit déj passé, les premières combines de pluie sorties, tout le monde se prépare gentiment. Tout le monde ? non, les tafioles sudistes décidées à rester des tafioles sèches restent au gîte. Quelles lopettes des bois !!!

Les autres partent en 4 groupes : les plus rapides, les moins rapides que les plus rapides, les plus rapides que les moins rapides et les moins rapides que les moins rapides. Je serre-file le groupe des plus rapides que les moins rapides, mené par un zorga bedonnant au bedon qui va devenir bleu de froid, because il a oublié sa combine de pluie...

Ne me demandez pas par où on est passé, à part entre les gouttes, je ne sais pas. On a fait une 100aine de kilomètres avant de rebrousser chemin pour se mettre au sec au gîte et réchauffer notre zorga grelottant.

A 15 heures, le soleil apparait, Seb me met au défi d'aller faire sécher les vestes et nous voilà partis avec Christian, le lecteur de puce, pour une petite virée de 100 kilomètres : au programme, la corniche du Drac, la remontée sur la Mure (ah, la Mure, toujours la Mure) et le retour par la route entre la Mure et la Morte pour une prise de repères de freinage. La corniche du Drac, c'est de la petite route comme je les aime (et comme les aiment moins mes amortos) : étroite, bosselée, virevolteuse avec quelques jolies marches où la moto tombe des 2 roues, un vrai bonheur à enquiller à des vitesses inavouables.

Retour au gîte, mission accomplie, les vestes sont sèches, et la journée est sauvée !

Repas pantagruélique, tartiflette à volonté, et soirée bizarre velue, la chataigne corse est de sortie. J'en profite pour traiter la desmoulinette de Claude de vibreur mobile, ben oui, elle est rouge et blanche et elle se traine...

Dimanche 15 mai

Le soleil est enfin là, marrant comme le petit-dej est vite pris !

On refait les 4 groupes : les moins lents, les plus lents que les moins lents, les moins lents que les plus lents et les plus lents que les plus lents. On est censé être le 3ème groupe, on verra plus tard que non...

Alors, là, mes amis, c'est l'orgie de cols, l'orgasme du virolo, la débauche de l'angle, le trop plein de freinage... au programme : le Lautaret, l'Izoard, le col de Vars, la descente sur le lac de Serre-Ponçon, la spéciale jusqu'à Savines le Lac et le retour par la route Napoléon et la remontée de la Mure... que du bonheur !

Bon, on oublie le strike de 3 ST et 1 Mostro par terre sur le parking à Savines, on oublie la Deauville qui me fait l'inter dans une grande courbe sur la N85, on garde juste en mémoire tout le reste pour les longues soirées d'hiver.

Avec Pascal Armagnac, on a serre-filé le groupe toute la journée, alors dans les derniers 20 km on craque et on part comme des obus pour terminer en vrac avant eux ;-)

Retour au gîte après 400 bornes de virolos, les sourires sont sous les casques, on pourrait en faire un régime de bananes entier !

Soirée bizarre fort tardive, comme à chaque dernière soirée de WEST, on dirait que les listeux prennent plaisir à causer une dernière fois.

Lundi 16 mai

La pluie est revenue. Pô grave, il faut partir, alors... Tout le monde s'en va progressivement, il reste juste les locaux, Fred, Raph et Christian qui ont des histoires de pneu et la bande de 6 malades qui va partir pour 7 jours de roulage en Italie. Au moment où nous allons démarrer, nous voyons Mash arriver. La bande est au complet pour descendre à Nice, notre première étape... Il y a là Desmomo, la dame en Mostro 1000DS, Pierrot son homme en ST4s, Fast Philou et sa BM Rockster, juste bonne à freiner sur le mouillé, Lorenzo, Mash, Christophe et ma pomme en ST2 Rouge (les meilleures).

Jusqu'à Nice, par la route Napoléon, nous accompagnent des listeux du Sud : Waïme de Naïce, Philsega, Dominique et j'en oublie peut-être... Le trajet est humide, la route glissouillante, à tel point qu'on croise 2 voitures dans les fossés, dans les virages qui suivent Castellane, pas très rassurant toussa. Nous prenons un repas vite fait au MacDo à Digne, Fast pose de sérieux problèmes à la caissière avec son billet tout mouillé : "Il va mouiller les autres, z'avez pas un sèche-cheveux ?", demande-t-elle à ses collègues. S'il n'avait que le billet mouillé, le père Fast, ça irait, mais là, il semble trempé jusqu'aux os, le gars chétif. Je lui file mon pantalon de pluie, histoire qu'il termine un peu au chaud le trajet.

Arrivés au dessus de Grasse, la pluie nous quitte définitivement, la route sèche, nous pouvons nous arrêter en terrasse boire un bon chocolat, avant de quitter les autres listeux. En fin d'aprem, nous arrivons chez Wim et je peux commencer à déshabiller miss ST2 qui s'est prise à chanter fort, voire siffloter "j'ai les bretelles trop tendues"... Mash diagnostique une tension des courroies un poil forte, on les détend, et on remonte tout le carénage, en faisant une petite opération de kékétisation : l'ablation des schnorkels en entrée de boite à air. Je gagne au moins un 1/2 cheval entre 4250 et 4256 tr/mn, mais quel bruit, maqué on croirait une desmosedici à l'accélération, ma ST2 maintenant...

Barbecue le soir sur la terrasse, jusqu'à fort tard, on dirait le sud, le temps dure longtemps, plus d'un million d'années et toujours en été... je divague... couchage dans la piaule du grand fiston de Sylvie, nous nous endormons au milieu des posters de footballeurs, la tête pleine de rêves de virolos. C'est pour demain !

Mardi 17 mai

Grand départ pour l'Italie, Waïme de Naïce nous fait un petit tour sur la plage de Cagnes sur Mer, on aurait pu s'en passer, on a surtout fait "bouchon". Nous prenons ensuite la direction de Nice et des gorges de la Vésubie, vous savez, celle où les lignes blanches dansent devant vous à s'approcher et s'éloigner de votre roue AV, un vrai bonheur cette route jusqu'à Lantosque, avant d'attaquer le col du Turini.

Justement, je ralentis pour attendre Desmomo qui semble à la peine et alors qu'elle m'a rejoint accompagnée par son Pierrot, ils me passent, s'éloignent et prennent la mauvaise route, suivant les autres qui se sont trompés aussi. Je m'arrête au carrefour vers le Turini, essaie de les joindre au tel., peine perdue. Je repars donc doucement dans la même direction qu'eux, en espérant qu'ils vont faire demi-tour, ne me voyant plus, sinon on est partis pour un détour énaurme pour arriver en Italie... Christophe revient pour me prévenir que Desmomo a crevé, et qu'ils sont arrêtés plus loin. On les rejoint, Pierrot le bombeur a fait son office, mais la réparation à la bombe semblant plus qu'aléatoire, nous décidons de revenir à Lantosque où un petit garage était ouvert. C'est un garage auto, mais le mec fort sympa a le matériel pour démonter un pneu de bécane et poser des champignons. Zou, 4 moëllons, nous hissons le Mostro dessus et en 2 minutes la roue est dans le garage ! Une 1/2 heure + tard, elle n'est toujours pas démontée, nous n'avons pas le même référentiel de temps que le garageot. Une heure plus tard, elle est enfin remontée, et nous allons manger à Lantosque, dans un gastos où le cuistot nous amène tous les restes de plats, parce qu'"à moto, il faut bien manger pour bien rouler"...

Nous reprenons ensuite la route vers le Turini, madoué quel col celui-là : épingle sur épingle sur épingle, avec un paysage à couper le souffle. Par contre, la chicane mobile sous forme de 35T avec une grue, ça le fait moyen, on dira... Tout le monde a un sourire énorme en arrivant en haut et nous plongeons dans la descente qui vaut largement la montée. Nous enchainons ensuite sur le col de Brouas, des beaux grands virolos, des belles épingles larges, un revêtement nickel, que demander de plus ! Mash me gratifie d'un dépassement façon païlote, genou au sol avec les valises, je ne peux qu'exploser de rire dans le casque, j'aurais aimé avoir un appareil photo !

La pluie nous rattrape à Tende, et nous franchissons le tunnel de Tende en espérant qu'elle n'est pas aussi côté italien, mais elle a bien franchi la frontière elle aussi... Dans la descente du col de Tende, ligne continue tout du long, nous hésitons à doubler, puis vu comment certaines voitures font du remonte-file, nous en déduisons qu'une ligne blanche est franchissable en Italie et nous allons en dévorer jusqu'à la fin du séjour.

Premier plein en Italie, Fast essaie de voler le pompiste en payant une carte téléphonique à la caissière plutôt que l'essence au mec qui court partout devant les pompes. S'ensuit un grand moment d'explication en petit-nègre italien mélangé d'anglais, de français et tout le monde finit par se comprendre... Nous pouvons repartir, guidés par la petite boite magique du BMWiste, qui va nous faire longer l'autoroute pendant des kilomètres, occasionnant un certain énervement vu qu'il reste encore bcp de bornes jusqu'au gîte et que l'heure avance. A une 100aine de bornes du gîte, une scission s'opère, sous ma houlette, nous prenons l'autoroute et Fast continue avec sa prothèse à désorienté par les petites routes. Nous arriverons en même temps au gite, de 2 directions opposées, mais Fast aura loupé un grand moment d'engueulade entre 2 péagistes au péage d'entrée, alors que les machines refusent de nous filer des tickets, mais que les barrières s'ouvrent. A l'heure qu'il est, les 2 péagistes ont dû s'étriper, mais on a eu nos tickets ;-)

L'hôtel où nous logeons n'a certes pas le charme du Grand Hotel des Iles Borromées, mais il n'en a pas non plus le prix. Néammoins, on a une superbe vue sur le Lac Majeur, enfin, on aura une superbe vue, quand les nuages seront partis...

Excellent repas, et dodo en partageant la piaule avec Fast et Christophe, je mets double-dose de bouchons d'oreilles et ça suffit à peine...

Une nuit réparatrice nous attendait, à peine troublée par les ronflements de Christophe... sauf que le gars est équipé comme sa ST2 d'un nez homolokoi et ça cause ! La tête du gars Fast au petit matin en disait long sur le raffut enduré pendant une nuit !!

Mercredi 18 mai

Qu'à cela ne tienne, ce mercredi matin était LE grand jour, celui où nous allions visiter l'usine Ducati et le musée Ducati ! Il restait juste à se coltiner 400 kilomètres de 'tocroute vu que les virolos dans la plaine du Pô, ils ne connaissent pas encore. Ainsi donc, nous voici partis derrière le BMWiste à boite magique qui nous guide à travers les embouteillages de Milan (plutôt efficace), ceux de Piacenza, de Parme. Tiens, pourquoi il sort là, alors que l'autoroute va direct à Bologne et qu'on a encore 130 km à faire en ligne droite ? ah, c'est sa boite magique qui lui a dit de sortir pour aller prendre une autoroute qu'on va croiser dans 3 km... allez comprendre les mystères de l'algorithme de routage du bouzin... toujours est-il qu'on rattrape notre BMWiste par les valises et on fait tous ensemble demi-tour dans le péage, pour reprendre l'autoroute de Bologne.

Arrivée à l'usine à 14:00 pile, j'avais prévu une visite du musée jusqu'à 16:00, heure à laquelle nous étions inscrits pour la visite de l'usine, mais le gardien me reçoit dans un grand éclat de rire : "ma qué, il est 2 hores, et c'est à 4 hore l'usine et le museo !!!" grrrmmbbblll, on part donc chercher notre gite du soir, un agriturismo perdu dans la campagne bolognaise. Le BMWiste à boite magique nous emmène très sûrement, jusqu'au sommet du Monte Obrero, alors qu'on cherche le village de Monte Umbraro, à 600 mètres de là. Y'a pas à dire, on peut avoir confiance dans l'électronique, mais quand on lui dit de faire une c<meeeep>rie, elle la fait sûrement et efficacement ! Qu'à cela ne tienne, nous retournons à l'usine, par un autre chemin qu'à l'aller, encore un des mystères du routage GPS.

Et à 16:20, après être passés au Desmo Bar où les employés de Ducati viennent siroter un espresso bien serré, nous pénétrons dans le premier hall de l'usine, celui de l'usinage des moteurs. Nous voilà dans la mecque des Ducatistes, nous faisons notre El Hadj, dirait les méchantes langues...

Ducati reçoit donc les pièces moteur brutes de fonderie et réalise l'usinage des plans de joints, perçages et autres finitions dans des machines à commande numérique.

Ensuite, nous passons dans le hall du montage des moteurs : chaque ouvrier reçoit du "supermarket" un caddy composé de plusieurs compartiments dans lequel un moteur entier est en pièces détachées. Il accroche le caddy à un bâti de montage et commence à monter le moteur en avançant régulièrement sur la chaine pour trouver les outils dont il a besoin : clé dynamométrique électronique pré-étalonnée, machine à enduire les plans de joints, outils spéciaux, etc... A la fin de la chaine, le moteur est prêt à être testé sur un banc où il est entrainé par un moteur électrique pour vérifier son bon fonctionnement. si c'est OK, il est envoyé au hall de montage des motos.

Dans ce hall, Ducati reçoit les cadres Verlicchi peints, les roues peintes et montées et chaque ouvrier travaille en simultané sur plusieurs motos dont il assure le montage entier. A la fin de cette chaine, la moto est roulante, mais sans carénage, ni accessoires.

Elle est installée sur une plateforme de test, remplie en huile, liquide de refroidissement et essence et démarrée pour une 10aine de minutes au ralenti. Elle est alors réglée et envoyée au test dynamique, dans une cabine insonorisée et aérée.

Là, elle subit 5 minutes de roulage à différentes vitesses, la roue AV bloquée dans un sabot, la roue AR sur des rouleaux. Le testeur l'emmène jusqu'à 150 km/h et tire bien sur tous les rapports, de quoi faire réfléchir par rapport à la nécessité d'un rodage soigné... Si le test est concluant, elle part dans le hall d'expédition, sinon elle revient sur une chaine où elle est contrôlée et réparée.

L'usine comporte 3 chaines : superbike, SS & ST, Mostro et Multistrada. Seule cette dernière tournait bien, les autres étaient soit au ralenti, soit carrément arrêtée pour les SS & ST.

Ducati Bologne, c'est 1000 personnes, dont 300 au service Ducati Corse (le service compétition) qu'on a juste vu par un petit hublot dans le hall des moteurs. Apparemment, les affaires ne vont pas très fort en ce moment... :-(

Nous passons ensuite à l'étage dans le musée, et là, mes amis, c'est la caverne d'Ali Baba Ducati !! Seulement une petite centaine de bécane, mais que des modèles uniques de compétition, les vraies pas des répliques : 750 Paul Smart, 900 Mike Hailwood, 888 Doug Polen, Raymond Roche et M. Luchinelli, 9x6 Carl Fogarty et Troy Bayliss, 999 Toseland, Desmo16 Capirossi, que du beau matos superbement présenté !

Non contents de tout ça, Christophe et Lorenzo s'échappent dans un couloir proche, où sont exposées d'autres bécanes dont un superbe Scrambler, et ils sont rattrapées par notre guide, fort inquiète qu'ils aient réussi à aller jusque devant la porte du PdG, Minoli ;-)

Voilà, nous avons visité le Saint des Saints, nos ST sont revenues à leur source, comme les saumons reviennent au lieu de leur naissance, tout baigne ;-)

Nous quittons l'usine vers 18:00 en même temps que les derniers ouvriers et nous allons au Ducati Store tout proche. Une moitié du magasin sert à écouler les stocks d'invendus, avec au minimum 50% de remise, certains d'entre eux font fondre leur Carte Bleue.

Il est temps de se diriger vers notre gite, nous retournons jusqu'au dernier village traversé et je vais demander notre chemin au bar : "sempre dretto, a destra al ponte, sempre dretta e a Monte Umbrero, la direzzione Zocca", ça devrait le faire... Ca le fait jusqu'à Monte où je dois encore demander mon chemin, et le gars très gentil prend sa bagnole et nous amène jusqu'à l'Agriturismo Tizzano, perdu au milieu des champs.

Comme son nom l'indique, un Agriturismo, c'est une ferme qui reçoit des touristes, mais quelle réception : locaux flambants neufs, superbement équipés, et repas à la maison, et quel repas !!! des fromages à profusion, des pâtes à la bolognaise succulentes, un petit pinard sympa et la grappa offerte après les pancettas bien chaudes, un vrai bonheur !!!

Cette fois, on a mis Christophe tout seul, la nuit sera profitable... et il le faut, car jeudi est une grosse journée de Bologne à Bergame par le lac de Garde et Madonna de Campiglio...

Nous avons mis Christophe tout seul, enfin disons seul dans une piaule de l'appart qu'occupent Desmomo et Pierrot, et le matin, Pierrot se plaint de vibrations des cloisons ;-) Fast a l'air reposé, par contre. Ca vaut mieux, la journée va être longue.

Jeudi 19 mai

Nous quittons nos hôtes après un petit dej' copieux et prenons la direction du Nord, via les petites routes. La boite magique nous fait faire quasiment du tout-terrain, en fait les ST s'avèrent être d'excellents trails. Mash nous fait signe de nous arrêter à la sortie d'un village, son câble de compteur est cassé. Il extrait le bout cassé et nous repartons.

Nous traversons la plaine du Pô du sud au nord, en passant par Modène, à quelques centaines de mètres de l'usine Ferrari, qui ne paie pas de mine d'ailleurs. Lorenzo et Christophe nous quittent pour rentrer en France. Les 5 autres continuent en direction du Lac de Garde, par la 'tocroute car l'heure avance et que les traversées de ville nous ralentissent grandement. A 13:00, nous voici dans un resto au bord du Lac de Garde, il fait grand beau et on n'a vraiment pas des vies faciles, faciles. Nous remontons ensuite la rive Est du lac, blindée de bagnoles et bus, mais malgré tout très jolie. Sur la rive Ouest, la montagne tombe directement dans le lac, très impressionnant ! Les montagnes enneigées au fond ajoutent à la majesté du paysage.

Au Nord du lac, nous nous dirigeons vers Madonna di Campiglio, station de ski réputée. La route pour y monter est fort sympathique, mais les villages à traverser nous empêchent de rouler à notre main. Le paysage à Madonna est à couper le souffle, avec des sommets tout proches, encore très enneigés. Nous prenons ensuite la direction de Bergame, par le campo Carlo Magno et le col de Tonale : 100 km de virolos non-stop, des petits, des grands, des qui se referment, des qui s'ouvrent, le tout sur un bitume nickel !!

L'arrivée à Bergame se fait aux alentours de 20:30 et la petite boite magique nous emmène jusqu'au gite, un Agriturismo urbain ;-) très confortable, mais coincé entre voie ferrée et aéroport, on peut trouver plus calme. Nous repartons manger en ville et tombons, par hasard, sur un petit gastos dont le patron est fier d'exhiber un dessin d'une 888, numéro 3, dont pilotée par M. Luchinelli, ça nous met tout de suite en phase avec l'aubergiste quand on lui explique dans notre italien de cuisine qu'on est ducatistes ;-) A la fin du repas, très bon, il nous offre la grappa !

Dodo et demain, vendredi 20/5, on reprend le chemin des penates.

Vendredi 20 mai

La journée démarre par la séparation du groupe : Desmomo et Pierrot redescendent sur le Var, Fast, Mash et ma pomme allons jusqu'à Dijon pour voir les Coupes Moto Légende. Comme hier avec Lorenzo et Christophe, on a toujours un petit pincement au coeur quand ces moments-là arrivent, on est tellement bien à rouler avec ses potes que l'instant de la séparation est toujours un poil pénible !

Allez zou, trêve de sensiblerie, on a de la route à faire ! direction Côme et son lac, qu'on ne verra finalement pas, car les routes sont blindées de monde, le nord de l'Italie étant très peuplé. Avant d'arriver à Côme, on cherche grâce à la boite magique un magasin Ducati pour remplacer le câble de compteur de Mash, enfin de sa ST2... Le DS de Bergame n'étant pas sur notre route, nous nous décidons d'aller vers le magasin de Zogno que nous a indiqué, par SMS, RManuR le GPS vivant de Fast ;-)

Nous trouvons le petit magasin-atelier, 20 m2 à tout casser, où trône un Scrambler en vitrine et une ST4s sur la table-atelier. Avec quelques gestes, on fait comprendre à Fabiano pourquoi on vient, 30 secondes après, il est au téléphone avec le DS de Bergame et nous annonce que le câble est disponible. Il nous explique, tout penaud, qu'il doit rendre la ST4s ce soir, sinon je pense qu'il l'aurait dépouillée de son câble de compteur pour dépanner Mash. La discussion continue sur ses bécanes, une ST3, un Scrambler et une 888. Il nous raconte dans un mélange de français, d'italien et d'anglais comment il est allé jusqu'à Montbéliard en Scrambler, avec bruitages à la clé, on est tous hilares dans le magasin. Il nous parle de la grosse virée qu'il va faire en France en juin, elle passe par Rennes, tiens d'ailleurs ;-) et il tient absolument à nous expliquer comment aller au DS de Bergame. Au moment où nous allons le quitter, il disparait dans la cave de son magasin et remonte avec une brassée de pin's qu'il nous offre dans un grand éclat de rire, quelle belle rencontre !!! on n'a rien acheté à ce gusse, qui nous a reçu comme s'il nous connaissait depuis longtemps, vraiment super !!!

Nous reprenons la route vers le Nord-Ouest et chopons dès que possible la 'tocroute de la vallée d'Aoste. On a fait beaucoup d'autoroute, mais la densité de population en Italie du Nord fait qu'on traverse sans cesse des villages, sur les autres routes, et qu'on a alors une moyenne d'escargot... Nonobstant, la 'tocroute de la vallée d'Aoste est superbe et la sortie impromptue, dûe à la boite magique, 25 km avant le col du Grand St-Bernard, nous donne l'occasion d'une nouvelle rencontre sympathique.

Nous sommes arrêtés à la sortie du péage, en train de mettre au point la suite du roadbook, quand s'approche une voiture de police. Je maugrée "zut, on va avoir droit à un contrôle...". La voiture s'arrête à côté de nous et la première question est "problema ?". Tiens, ça se présente bien. Nous expliquons que tout va bien, le policier comprend qu'on est français et il entreprend notre BMiste sur sa K1200R "déjà arrivée en Francia ?", puis il se ravise quand il voit que c'est un flat et nous parle alors de sa 1150 GS fortement kilométrée et de la 650GS de sa femme, le tout en nous glissant entre-temps qu'il ne faut pas qu'on reste là, c'est dangereux. Tout ça se passe sourire aux lèvres, dans une ambiance très cool. Voyant nos ST2, il nous vanne en prétendant qu'on est toujours chez le "meccanico", ils ne respectent rien, ces italiens... ;-) Les policiers nous laissent là en nous souhaitant "bon viaggo" et nous repartons pour franchir le col du Grand St-Bernard par le tunnel, car le col est encore fermé à cause de la neige.

Il nous reste encore à traverser la Suisse, en contournant le Léman par Montreux et Lausanne, pour ensuite monter vers Pontarlier, Dôle et Dijon, on n'est pas arrivés, et il est déjà 5:00 de l'aprem... Fast nous guide avec sa boite magique, mais il a oublié de décocher la case "'tocroute" et nous voilà en train de partir vers Genève, donc le sud-ouest, alors que nous devons aller au nord-ouest et que nous n'avons pas la vignette autoroute suisse, ça craint... je maudis sous mon casque cette petite boite magique et reprend les rênes pour faire sortir tout le monde à St-Cergue. Ca nous vaut de faire cette superbe montée, très viroleuse, quoique pourrie par une trace de gasoil douteuse. On croise un supermot' qui envoie du gaz, son pote suit à peu près, le 3ème est carrément en vrac, il va falloir faire gaffe. Après St-Cergue, on passe aux Rousses, puis à Morez, St-Laurent de Grandvaux et Champagnol (du bonheur en barre, cette nationale très viroleuse). Nosu chopons la 'tocroute vers Dijon aux alentours de Dôle et arrivons à l'étape à 21:00, longue journée, encore...

Repas au Courte Paille local et dodo, la journée de samedi va être riche en bons moments.

Samedi 21 mai

Bon, elle commence juste par une ch'tite déception, le temps est gris et il pleut même au moment où on arrive au petit dej'. Elle continue par la décision de Fast de rentrer plus vite, maibon c'est pour une bonne cause ;-)

Nous voilà donc 2 rescapés, Mash et ma pomme, prêts à aller admirer des vieux brêlons avec des vieux pilotes sur un circuit, le tout sous la pluie.

Nous ne prenons qu'une seule brêle, et j'emmène donc Mash en passager, il ne pèse rien le bougre. Arrivés au circuit, nous avons le plaisir d'être dirigés vers le parking Ducati, ce qui nous évite une bonne queue aux caisses (pas de contrepèterie, cherchez pas ;-)). Nous posons nos affaires dans les valoches et voyons arriver 3 liSTeux : slow Philou, Gilbert et madame. Nous discutons 5 minutes et nous dirigeons vers le circuit. 10 minutes après, dans le village des constructeurs, nous les avons perdu et décidons alors de passer sous la piste pour aller visiter la bourse d'échange.

Incroyable, le nombre de vendeur, le mec qui cherche une pièce particulière a toutes les chances de la trouver, mais ça lui prendra le WE pour faire le tour de tous les stands. Les vendeurs sont généralement spécialisés dans une marque ou un type de pièces, et il y a en plein qui vendent des bécanes, à des prix somme toute corrects.

Nous faisons ensuite le tour du coin des clubs, repérons la Scuderia Guzzi très bien équipée en Barnum, bar et barbecue. Mash fait coucou à ses potes du Benelli club et nous assistons à la livraison d'un moteur de Benelli 750 Sei refait à neuf : superbe !!!

On ne sait plus où donner des yeux tellement il y a des bécanes exceptionnelles à voir partout. De plus, comme tout se passe avec le circuit et les bécanes qui tournent en fond d'écran, ça donne une ambiance surréaliste ! La foule est importante, mais très calme et souriante, l'ambiance est vraiment super !

Nous nous dirigeons ensuite vers la ligne des stands pour admirer les bécanes de Grand Prix et là, c'est carrément l'extase !!! Les stands regorgent de bécanes célèbres, ayant toute un palmarès long comme un jour sans pain et d'anciens pilotes sont là pour les faire tourner. Nous assistons à la mise en pré-grille des motos de GP des années 70, catégorie 350 cm3 et +, et ça nous donne l'occasion de voir un Phil Read faire craquer une Paton au bruit superbe, d'entendre la MV Agusta d'Agostini chauffer doucement dans le paddock pendant que son pilote essaie d'échapper à ses fans pour arriver à l'heure en pré-grille. On croise Christian Sarron, Eric Saul et certainement plein d'autres qu'on ne reconnait pas.

Le bruit des 2T et 4T est carrément dantesque, ça prend aux tripes, et je me dis que j'ai vraiment été trop con de ne pas m'être intéressé à la moto plutôt, car j'aurais pu alors assister à des Grand Prix à ces époques-là...

Une fois en piste, ces pilotes retrouvent leur attitude d'antan, ils ont beau être en démo et pas en course, et rouler sur des bécanes uniques, ils envoient du gaz comme si leur saison dépendait de cette course. Impressionnant...

Mash disparait dans l'après-midi pour participer à une réunion de préparation du Trofeo Rosso, j'en profite pour terminer ma visite du paddock. Je le retrouve ensuite et nous partons finir cette visite ensemble. Une journée n'est pas suffisante pour tout voir, c'est clair...

Un énorme orage tombe sur le circuit et nous nous réfugions sous la première tente, celle du club Ratier, ce qui nous vaut plein d'explications sur ces bécanes. C'est vraiment super de discuter avec des mecs passionnés comme ça par une marque ou un modèle de moto, ce sont des vraies encyclopédies et ils te racontent ça comme s'ils t'ont toujours connu, y'a pas à dire, le milieu de la moto est un milieu où il fait bon vivre...

Nous retournons à notre hôtel vers 8:30 et retrouvons Dzusy et sa bande de potes japoniaisants qui le vannent sur sa Ducati, mais il fait front le bougre.

Allez, zou, dodo, demain il faut rentrer à Rennes, la journée s'annonce longue.

Dimanche 22 mai

Je quitte Mash vers 9:00, tente de partir sans combine de pluie, mais je suis obligé de m'arrêter au bout de 5 km pour enfiler ladite combine... 8 jours de pluie sur 10, on n'a pas été gâtés de ce côté-là.

Je rentre sur Rennes uniquement par les départementales selon la technique bien connue du trait droit sur la carte, et ça me permet de découvrir des routes et coins sympas, dans des coins qui paraissent pourtant insipides à moto, aux alentours de Bourges et Vierzon. Le seul détour que je m'autorise, au début de la journée, c'est une descente vers le sud-ouest pour passer dans le Morvan : Autun, Chateau-Chinon, Clamecy, je vous conseille ça... du bonheur en barre !

A 17:00, j'arrive à Rennes, tout content de retrouver ma ch'tite famille. Miss ST2 a 4800 km de plus au compteur, j'ai plein de souvenirs dans la tête, des souvenirs de belles routes, de grosses rigolades avec les potes, de bons repas, de superbes paysages !

Vivement la prochaine virée !!!

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Carénage : DesmodroMike & Moteur : VinceLP | Page vue 1 fois ce jour, 1 fois ce mois, 50 fois cette année