Hier soir, belle soirée comme on en aligne plein depuis quelques jours sur
Rennes, me voilà dans la cour du conce Ducati à zieuter la GT1000. Coincidence
étrange, elle est à l'essai, et seconde coincidence étrange, elle est
disponible jusqu'à demain matin. Tiens donc...
Me v'là donc à échanger les clés de miss ST2 qui va passer la nuit là et à
partir au guidon d'une belle GT1000 rouge, tout juste rodée.
Question esthétique, j'aime bien, c'est dépouillé, sans fioriture, ni cendrier,
ni allume-cigare, du brut, rien de trop. Le réservoir avec son lettrage Ducati
à l'ancienne et ses creux pour les genoux est une belle pièce, de même que le
té de fourche poli ou l'ensemble feux arrière + clignos aux formes rondes. Le
moteur est bien visible, le radiateur d'huile planqué discrétement au-dessus du
cylindre AV. L'effet Classic, copie d'ancienne, est, àmha, réussi (je vais
fâcher plus d'un ductaiste ancienne mode, mais j'assume ;-)).
Par contre, le bloc compteur emprunté aux Mostro ou les repose-pieds à 2 balles
en plastique moulé font un peu tâche.
Je démarre... dommage, ils ont oublié de mettre le bruit qui va avec.
L'embrayage à bain d'huile (ben oui, c'est une GT pour faire d'la borne)
supprime le bruit adoré de certains duc'addicts et les pots et la boite à air
étouffent vraiment le bruit du moteur, on dirait presque une BienMolle... P'tet
qu'avec une paire de Termignoni et une boite à air un poil ouverte, ça causerait
plus, mais là, c'est décevant.
Bon, je décolle et là, surprise, quel moulbif !!! Le 1000DS, dans une bécane
légère comme ça, il pousse plus que bien. Je me retrouve rapidement à des
vitesses que la morale réprouve et sans tirer spécialement sur les régimes
moteur.
En fait, ce moulin a la pêche du Desmotre mais sans sa linéarité. Il vibre plus
aussi ce qui le rend vraiment agréable. En fait, on a l'impression d'avoir
celui de la ST2, mais en version survitaminée. Bien sûr, ça reste du grosbi, ça
ne prend pas des tours à n'en plus finir, mais ça pousse bien dès les bas
régimes.
Par contre, l'embrayoir à ouile manque de progressivité, résultat, sur les
premiers kilomètres, je passe mon temps à caler. En plus, le moteur n'a plus le
petit accélérateur à main gauche qui permet de hausser le régime quand il est
froid et il a tendance à caler tout seul au ralenti.
Plus tard, à chaud, je constate qu'il a tendance, aux alentours des 4000 tr/mn,
à ne pas tenir un régime constant. Peut-être est-ce moi qui ne suis pas habitué
à rouler sur une bécane où on en prend plein la quiche, sans carénage et qui
m'agrippe à la poignée, peut-être est-ce l'injection qui déconne un peu comme
elle sait bien le faire sur les ST3 récentes ? En tout cas, c'est un poil
déconcertant.
Direction la maison par le terrain d'essai habituel.
D'abord de la petite route qui secoue et là, elle secoue vraiment. Les suspattes
sont réglées dures, en tout cas, la bécane retransmet tout et elle est plus que
vive, limite instable. J'ai dessus la même position que sur une Mostro, assis
très près du guidon, le buste en avant, mais la sensation de stabilité qu'on
peut avoir avec la Mostro n'est pas présente quand le revêtement n'est pas bon.
La direction bouge beaucoup et est même un poil floue de temps en temps. Cela
dit, en zieutant le compteur, avec le 1000DS qui pousse bien, j'étais peut-être
un poil plus vite que d'habitude dans cette petite route et cette sensation de
flou venait peut-être du fait qu'avec la pression de l'air je m'accrochais plus
au guidon.
Sur des portions de route plus lisses, là, je retrouve bien le comportement
d'une Ductai, on prend de l'angle, et la bécane reste bien stable sur la
trajectoire. Par contre, avec le grand guidon et la position plus droite,
changer de direction est très facile et la bécane réagit directement sans temps
mort, comme je peux en ressentir avec la ST2 qui est plus lourde au niveau
direction.
Arrivée à la maison, je la mets au garage pour la nuit.
Ce matin, départ vers la concession pour rendre la miss et reprendre miss
ST2-MHR. J'ai du temps, je pars donc par le chemin des écoliers. Quelques tests
de freinage, pour voir, et le constat est qu'elle freine bien, même si elle
n'est équipée que d'étriers Brembo coulissants à l'AV (durites avia tout de
même). Ducati a même réussi à faire un frein AR qui freine, étonnant... On peut
freiner en virage, elle ne se rélève pas, c'est toujours appréciable.
Par contre, après un passage sur un revêtement pourri, je doute qu'on puisse
vraiment avoir une utilisation GT de l'engin. La selle est certes confortable,
mais elle ne permet qu'une position, contre le réservoir, car elle est très
évasée à l'AR et, comme sur la Multiprout, la position reculée est difficile à
tenir à cause de ça.
Pour les grands comme moi, les creux dans le réservoir sont presque trop petits
et les arêtes sont un poil pénible, du coup. Surtout, sur des longs trajets,
les suspattes doivent vraiment être trop dures pour les petits chocs, elles
retransmettent le moindre caillou, ça doit vite devenir pénible. A moins de ne
rouler que sur du billard, maibon...
Après une petite demi-heure de roulage, je la rends et récupère miss ST2. Si
j'avais des sous à dépenser dans une bécane, elle remplacerait tout de même
bien le Dominator pour les trajets quotidiens, c'est clair... ou alors l'idée
saugrenue de tenter une greffe de 1000DS dans une ST2... Quel moulin !!! J'ai
de la peine à comprendre que Ductai se soit emmerdé à faire le Desmotre alors
qu'il avait ce moteur disponible...
M'enfin, bon, on va revenir à la raison...