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Essais motos > Honda VFR800 > Comparatif VFR 800 / ST2


Ma moto actuelle est une Ducati 944 ST2, mais j'avais auparavant une Honda VFR 800. Ces deux motos sont très voisines, mais elles ont tout de même des différentes significatives. Voici mon avis les concernant.

Sur le plan esthétique, on passe... les goûts, les couleurs, tout ça, tout ça... ;-)

Comportement moteur

Le moteur de la Ducati 944 ST2 a une plage d'utilisation qui va de 3000 tr/mn à 9000 tr/mn, sur laquelle il répond toujours présent avec un couple conséquent. Celui de la Honda VFR 800 est moins présent en-dessous de 6000 tr/mn. Par contre au-delà et jusqu'à la zone rouge, il pousse fort, vraiment fort avec une impression d'allonge sans fin.

Pour doubler à 90 km/h en 6ème, avec la VFR, il faut rentrer un rapport. Avec la Ducati, il suffit de tourner la poignée des gaz.

En-dessous de 3000 tr/mn, le moteur de la Ducati broute et le recours à l'embrayage est nécessaire. L'installation d'un pignon de sortie de boite plus petit sur la ST2 permet de gagner en souplesse à bas régime et en reprises (déjà conséquentes). Le moteur de la VFR est très souple et accepte de descendre jusqu'à 1500 tr/mn sans broncher. Le frein-moteur conséquent de la ST2 permet des entrées en virage sans toucher exagérément aux freins et le couple permet de s'extraire des virages aisément.

Le bruit de la Ducati est vraiment sympathique, très grave et bien présent (homologation à 94 dB), celui de la VFR est très particulier : sifflement de la distribution par cascade de pignons en-dessous de 6000 tr/mn, bruit d'aspiration dans la boite à air au-delà.

Consommation

La ST2 consomme environ 6 litres aux 100 sur un trajet routier à une allure normale. Dans les mêmes conditions, la VFR dépasse allègrement les 7 litres. En ville, les 2 motos se valent sur le plan consommation. A vitesse élevée, la ST2 consomme largement moins que la VFR.

La VFR parcourt environ 250 km avec un plein (hors réserve). La ST2 fait un kilométrage voisin, son réservoir étant un peu plus petit.

Freinage

La VFR, équipée de son système Dual-CBS (freinage couplé des 2 roues) est un régal de sûreté et d'efficacité. Ce n'est peut-être pas l'idéal pour attaquer sur circuit, mais pour l'usage prévu pour cette moto, c'est un gage de sécurité. En virage, cela permet d'asseoir la moto et d'éviter qu'elle ne plonge.

La ST2, sans freinage couplé, dispose d'un frein AV puissant et efficace (merci Mr. Brembo ;-). Par contre, le frein AR est vraiment là uniquement pour ralentir la moto. A l'usage, cela s'avère très utile pour corriger les entrées en virage un peu trop optimistes : un coup de frein AR et la moto revient dans le virage, sans aucun risque de blocage vu la "progressivité" du frein AR. Globalement, la ST2 freine très bien, il faut juste plus s'appliquer que sur la VFR qui pardonne beaucoup de choses avec le CBS.

Tenue de route

Les 2 motos se valent vraiment. La VFR est un poil plus stable, en général. Cela est certainement dû à son poids plus important (+25 kg). Sur une route avec un revêtement dégradé, la ST2 semble être un peu plus volage de l'AV que la VFR, mais en fait, elle taille la route sans dévier de sa trajectoire.

Ce sont vraiment 2 motos à l'aise dans toutes les conditions. Sur autoroute, elles sont stables. Sur route avec un bon revêtement, elles permettent de rouler à rythme soutenu sans trop forcer. Sur route plus abîmée, la Ducati secouera un peu son équipage, mais tout cela est très relatif. En contre-partie, le poids plus faible de la Ducati fait qu'on la place plus facilement où on veut que la VFR.

En ville, la VFR est moins fatigante, parce qu'avec son moteur plus souple, elle n'oblige pas à jouer de l'embrayage. Comme en plus, l'embrayage de la ST2 est "costaud", la ville devient vite pénible avec cette dernière.

Confort

Les 2 motos sont très similaires. La Ducati m'impose moins d'être en avant que la VFR (je fais 1,85 m). Elle protège mieux la tête (avec la bulle d'origine) et les pieds. Sur la VFR, j'avais eu besoin d'installer une bulle haute pour ne plus avoir de turbulences sur le casque. J'ai essayé une bulle haute sur la ST2, elle crée un peu trop de bruit au niveau des oreilles, mais elle améliore le confort en supprimant la pression sur les épaules.

Les 2 selles sont également confortables et permettent d'aligner les kilomètres sans fatigue excessive. Les suspensions de la VFR filtrent un poil mieux les petits chocs que celles de la ST2.

Equipement

La VFR offre un rangement sous la selle plus grand que la ST2 : un U et un pantalon de pluie y logent sans problèmes. La ST2 est équipée de valises bien intégrées et d'une contenance conséquente (32 litres chacune).

L'éclairage de la VFR, c'est... Versailles !!! Très efficace, il porte loin en phares et éclaire avec une densité de lumière élevée en codes. La ST2 fait un petit peu moins bien, mais cela reste bien pour rouler de nuit. Les 2 motos sont équipées de 2 phares : ceux de la VFR font code/phare tous les 2, la ST2 a un code lenticulaire et un phare séparé. Sur les 2 motos, il n'y a pas de trou noir entre code et phare, car toutes les lampes restent allumées simultanément en phares.

Le tableau de bord de la VFR est très complet : compteur et compte-tours analogiques et sur l'afficheur digital : horloge, température d'eau et d'air extérieur, 2 trips journalier, totalisateur, jauge à essence (assez précise). Au niveau voyants : clignotants droits et gauche séparés, point mort, phare et panne d'injection.

Le tableau de bord de la ST est un peu moins complet : compteur, compte-tours, totalisateur et un trip journalier analogiques et sur l'afficheur digital : horloge, jauge à essence (pessimiste), température d'eau. Au niveau voyants : pression d'huile, clignotants (un seul pour les 2), phare, passage en réserve.

Le passage en réserve est automatique sur les 2 motos, avec un signalement par le clignotement de la jauge sur la VFR et la ST2. La ST2 a, en plus, un voyant de réserve orange, qu'on ne peut pas rater.

Les 2 motos sont équipées d'une béquille centrale et d'une latérale. La latérale de la ST2 est pénible à déplier et, surtout, elle se replie automatiquement : attention, chutes inopinées ! Cette béquille a été modifiée à partir du modèle 2000 et ne pose plus ce problème.

Accessibilité mécanique

Le réglage de tension de chaine est un régal sur la VFR, avec son mono-bras oscillant : il suffit de dé-serrer un écrou, de tourner l'excentrique avec la clé fournie et de re-serrer l'écrou : la roue reste forcément alignée. Sur la ST2, c'est la méthode classique, où il faut bien prendre garde à conserver l'alignement.

La batterie est très facile d'accès sur la VFR : un capot à lever sous la selle. Sur la ST2, il faut démonter une grande partie du carénage droit.

La vérification du niveau d'huile se fait très simplement sur les 2 motos, par une lucarne en bas du moteur.

Pour le reste des opérations mécaniques, une fois le carénage démonté sur les 2 motos, la Ducati l'emporte haut la main en terme d'accessibilité. Le réservoir se lève en 5 minutes pour accéder au filtre à air. Les bougies sont accessibles immédiatement. Le changement des courroies de distribution peut être assez simplement. La VFR, avec sa technologie plus évoluée et son V4 enserré dans le cadre, ne permet pas de faire facilement les opérations mécaniques de base.

Fiabilité et entretien

Eh oui, j'ose la comparaison entre une Honda réputée pour sa fiabilité et une Ducati... Pour le moment, rien à redire sur la Ducati, elle a 37000 km, avait été rodée dans les règles de l'art Ducati par un ancien concessionnaire de la marque. Ma VFR avait eu la panne classique des VFR : régulateur flingué parce que la batterie était faible (1600 Fr le régulateur...). La ST2 m'a gratifié de la même panne, sinon rien d'autre à signaler, excepté qu'une Ducati doit faire l'objet de plus d'attention qu'une autre bécane. Moyennant des petits contrôles visuels réguliers, elle s'avère aussi fiable que n'importe quelle moto, et le SAV est très bon, les prises en garantie se faisant sans discuter.

La ST2 consomme, à conduite équivalente voire même plus rapide (car j'ai un peu progressé entre temps) moins de pneus que la VFR : j'arrivais péniblement à 7000 km par pneu AR avec la VFR (quelle que soit la marque), alors que la ST2 conserve le même pneu AR 10000 km sans se soucier de l'économiser. Même constat pour le pneu AV. La différence de poids et la puissance moindre expliquent peut-être un peu cela.

Le budget d'entretien de la Ducati est disponible en cliquant ici. Celui de la VFR est ici. Il est très voisin, voire peut-être même supérieur, eu égard à la consommation de pneus supérieure. Si, en plus, on insère le carburant, alors là, le coût de revient au km de la VFR dépasse celui de la ST2.

En guise de conclusion

J'aimais bien la VFR parce qu'elle me permettait d'aller au boulot tous les jours ou d'enquiller des grands trajets ou de faire des balades sur toutes petites routes, parce que c'est une moto polyvalente. La ST2 a aussi cette polyvalence. Elle est juste un poil plus exigeante en ville (à cause de son moteur qui n'aime pas être en-dessous de 3000 tr/mn et de son embrayage dur).

Sur route, il faut plus se préoccuper de la placer correctement, mais elle rend cette attention au centuple avec les sensations distillées par le moteur.

Pour utiliser la VFR à plein, il faut être un excellent conducteur parce que les vitesses atteintes, quand on est dans la zone "explosive" du moteur, sont élevées. Le moteur plus plein de la Ducati n'exige pas de rouler à de telles vitesses pour avoir la sensation d'une moto qui pousse...

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Carénage : DesmodroMike & Moteur : VinceLP | Page vue 3 fois ce jour, 66 fois ce mois, 850 fois cette année