J'ai
cette moto depuis le mois de mars 2001, et je viens de remplacer
la première en août 2002, après 34000 km de
bons et loyaux services (comme quoi on peut rouler avec une Ducati
;-)). Comme j'ai bien aimé la première, je
l'ai remplacé par la même, du millésime 2002,
et de couleur rouge, une vraie Ducati, quoi... Ma seconde ST2 a maintenant 30000 km, parcourus en 22 mois. Voici mes commentaires
sur ces 2 motos.
En ville
Ce
n'est évidemment pas son terrain de jeu préféré.
La position en appui sur les bras, mais surtout le moteur qui ferraille
sec en-dessous de 3000 tr/mn n'incitent pas aux grands trajets en
ville. L'embrayage, bien qu'hydraulique, est dur et est assez pénible
en ville. Cela dit, on arrive, avec l'habitude, à enrouler
sur un même rapport et à ne plus jouer avec l'embrayage.
Pour
la bonne santé de ce dernier, il convient de le dépoussiérer
tous les 5000 kms, sinon il se met à grincer lorsqu'on le
sollicite sur un démarrage rapide. Il faut aussi prendre
l'habitude de ne pas rester embrayé lors des arrêts
pour ne pas user prématurément la butée d'embrayage.
J'ai dû le changer à 30000 km, parce que les disques
et la cloche étaient arrivés hors-cote. Il fonctionnait
encore, mais commencer à grincer lors des démarrages
un peu "violents".
Sur ma nouvelle
ST2, j'ai installé un kit spécial pour l'embrayage (voir la page
"modifications" pour plus d'infos), fabriqué
en Belgique par Motomania.
Ce kit rend l'embrayage totalement silencieux, le moteur devient plus souple
et repart 1000 tr/mn plus bas. La longévité de l'embrayage est
améliorée, puisqu'après 30000 km, l'embrayage d'origine est intact, alors qu'il
serait déjà bien usé s'il n'était pas kité. Il n'y a même plus besoin de le dépoussierrer, car l'usure est réduite à presque rien. Ce kit coûte presque autant qu'un jeu de disques d'embrayage (env. 150 Euros), mais cela vaut vraiment le coup !
La transmission secondaire d'origine des ST2 (démultiplication 15*42) est particulièrement longue, pour des raisons de bruit à l'homologation. Cela explique en très grande partie l'absence de souplesse à bas régime.
Sur ma première ST2, j'avais
installé un pignon de sortie de boite de 14 dents, au lieu
de 15, pour gagner en souplesse.
Il devient alors possible de repartir sans utiliser l'embrayage à
partir de 2500 tr/mn. Sur ma seconde ST2, j'avais fait de même, puis j'étais revenu en arrière, après des déboires avec un pignon de 14 dents trop épais pour la chaine d'origine, ce qui occasionnait des claquements dans la transmission. Je viens de changer le kit-chaine (à 30000 km) pour monter un kit France Equipement de démultiplication 15*44 à la place de l'origine en 15*42. La moto est aussi agréable qu'à conduire en 14*42 et, en plus, je ne risque pas d'avoir un pignon mal adapté. Il semble aussi que le pignon de 14 s'use vite, avec les dents en forme de crochets et que le frottement de la chaine sur le patin de chaine est plus important et use donc plus le patin qui protège le bras oscillant.
Sur route
Là,
elle s'exprime pleinement. Si le revêtement est bon, elle
est vraiment facile à conduire et très stable sur
sa trajectoire. Quand le revêtement devient moins bon, elle
secoue un peu plus son équipage, mais elle reste stable et
sûre. On l'inscrit très facilement en virage et elle
conserve sa trajectoire quels que soient les aléas du revêtement.
On se fait secouer plus que sur d'autres motos (merci la rigidité
du cadre), mais cela reste confortable, y compris lors de longs
trajets. Les suspensions réglables dans tous les sens permettent
d'adapter la moto à votre poids et/ou à son chargement.
Je
pèse 80 kg et j'ai dû durcir un peu les suspensions
par rapport aux réglages d'origine : 2 tours en plus sur
la pré-contrainte des ressorts et 3 clics de plus en freinage
d'hydraulique à la compression. Lorsque je pars en voyage
avec les valises bien pleines, je durcis l'amortisseur AR d'un cran
en pré-contrainte. La moto reste ainsi très saine
et ne louvoie absolument pas même chargée.
Le moteur est gorgé de couple dès les bas régimes
et la plage d'utilisation est très large, puisqu'elle va
de 2500 à 8000 tr/mn. Malgré cela, ce n'est pas la
peine de lui tirer dessus en permanence. En effet, entre 3000 et
6000 tr/mn, on arrive à enrouler sans toucher à la
boite de vitesses, tout en disposant de suffisamment de puissance
pour s'extraire rapidement des virages. L'entrée en virage
se fait sur le frein-moteur très conséquent, le tout
dans un superbe bruit de twin, bien grave...
Le freinage
Le
freinage est efficace à l'avant, avec une sensation correcte
dans la poignée. Il est, par contre, inexistant ou presque
à l'arrière... Il peut tout juste servir à
ralentir la moto et à la stabiliser lors d'une entrée
en virage trop rapide. Une fois déshabitué du Dual-CBS
de la VFR, on apprécie le freinage à sa juste valeur
: il est vraiment efficace, y compris en virage où la moto
ne se relève pas si l'on est amené à freiner.
Le
frein AR, bien que peu puissant, est justement très pratique
en entrée de virage, quand on arrive un peu trop vite. On
peut alors l'utiliser sans modération pour ralentir l'allure
sans perturber l'assiette de la moto.
Moyennant le montage de plaquettes Brembo F40 à l'AR, on arrive à récupérer un freinage très correct, surtout si on prend soin de bien roder les plaquettes en faisant d'abord des freinages progressifs pour éviter de les glacer.
Sur autoroute
La
machine est stable sur sa trajectoire et la vitesse limite bien
au-delà de ce que permet la maréchaussée...
Au niveau protection (je mesure 1,85m) c'est tout à fait
correct. La pression sur les épaules est très supportable,
même sur un long trajet. Une bulle haute permettrait de gagner
un peu en protection, mais celle-ci est déjà très
bonne : un indice ? il m'arrive de rouler sous la pluie sans mettre
de pantalon de pluie et d'arriver à destination avec le pantalon
à peine humide et les pieds secs. Le haut du corps est plus
exposé, mais cela reste supportable, y compris sur des grands
trajets.
J'ai eu une bulle haute sur ma première ST2, cela améliore
encore la protection du torse, mais augmente le bruit aérodynamique. Du coup, sur ma seconde ST2, je n'en ai pas remonté, la pression restant très supportable, même à vitesse élevée. En plus, question look, la bulle haute, je trouve ça moyen, finalement...
En duo
J'en
fais très peu, en fait. Ma passagère n'a pas trouvé de défaut rédhibitoire.
La protection lui a semblé bonne et la selle confortable.
Si le revêtement
est correct et/ou l'allure modérée, la ST2 est confortable.
Si le revêtement est moyen et/ou l'allure plus énergique,
le passager de la ST2 se fait pas mal secouer, notamment sur les
freinages/accélérations et la selle glisse beaucoup.
Avec une selle "confort" présentant 2 étages
bien distincts et remontant sur l'AV de la place passager, cela
doit être moins pénible. Sinon, la protection du passager
est bonne et le comportement de la moto n'est pas modifié
en duo, pour peu qu'on ait durci un poil les suspensions, à l'AR notamment.
Sur ma seconde ST2, je viens d'installer une selle Ducati Performance, avec insert en gel et une bosse à l'avant de la place passager. Le confort s'en trouve singulièrement amélioré, pour le conducteur, mais surtout pour le passager qui ne glisse plus vers l'avant au freinage.
Pneumatiques
Ma première ST2 a d'abord été équipée à
l'avant d'un Metzeler MeZ3.
Le grip du MeZ3 est excellent et la longévité correcte
: 10600 kms sans le ménager particulièrement. Ensuite,
j'ai mis un Bridgestone BT020 à l'AV. Il rend la direction
très légère, alors que le MeZ3 donnait une
direction assez lourde. Le grip du BT020 sur le sec est excellent,
et reste bien sur le mouillé. La longévité est équivalente.
A l'arrière,
il y a eu un Metzeler MeZ4 qui est bien : bon grip, profil rond
et j'avais déjà pu voir sur ma TDM que la longévité
était correcte. Ce pneu a parcouru 10500 kms avant d'être
bon à changer, sans avoir été particulièrement
ménagé.
Je
suis ensuite passé à une monte entièrement
en BT020 et cela me semble être le compromis idéal
pour cette moto : bon grip sur le sec et le mouillé, moto
qui reste maniable et une longévité tout à
fait correcte.
Ma
nouvelle ST2 m'a été livrée en Michelin Macadam 90. Le
grip est bon sur le sec, et très moyen sur le mouillé.
Je savais, par avance, que le pneu AV allait en plus s'user en "tuiles". Je n'ai pas gardé cette monte bien longtemps.
Dès le premier hiver venu, je les ai remplacés par un train de BT020, bien plus efficace sur le mouillé.
En ce moment, ma ST2 est équipée en Michelin Pilot Road, qui sont ceux que je conseillerai : grip équivalent aux BT020 sur le sec et le mouillé, mais longévité accrue. Mon pneu AV aura dépassé sous peu les 15000 km, sans que je roule plus précautionneusement qu'avec les BT020. Pour l'AR, je ne peux pas encore donner d'indication sur la longévité. Par contre, les Michelin PR sont un poil plus chers que les BT020, mais le jeu en vaut la chandelle.
Fiabilité
Ah,
la fiabilité des Ducati... vaste sujet !!!
En fait, la ST2
a besoin d'un entretien plus soigné qu'une moto japonaise équivalente.
En comparaison avec la VFR, si on les laisse sans entretien toutes les deux,
la VFR durera plus longtemps. A entretien égal, il n'y a pas plus de
problème qu'avec une autre moto. Pour le moment, le seul pépin
que j'ai eu (régulateur grillé), je l'avais eu aussi sur la VFR...
et, par contre, il a été pris en garantie par Ducati, sans discussion,
alors que Honda n'avait rien voulu savoir...
En termes de budget,
elle me revient moins cher que la VFR (0,22 €/km au lieu de 0,26 €/km),
surtout en termes de consommation d'essence et de pneus (voir
ici le budget d'entretien de la VFR).
En
conclusion, une Ducati, ça s'entretient et ça roule
!
Remarques
Il
faut noter que le bruit de cette moto est fort agréable :
un beau son bien grave (elle est homologuée à 94 dB
;-)) qui vous rappelle en permanence la présence des 2 grosses
gamelles qui composent le 944 cm3... J'ai enlevé les "schnorkels"
qui amènent l'air de l'AV du carénage à la
boite à air, sous le réservoir. Du coup, on entend
plus les bruits d'admission de l'air, notamment lors des rétrogradages...
bien sympathique tout ça ;-) même si le gain en efficacité
est à prouver...
L'éclairage
d'origine est correct, mais sans plus... Cela dit, en ayant avant
une VFR, on ne peut que trouver moins bien... Sur ma première ST2, j'avais installé
peu des ampoules H1 et H3 Osram Super, donnant 30% de lumière
en plus. C'est réellement efficace, avec un faisceau plus
dense en codes et plus long en phares. L'investissement (env. 15 Euros pour les 2 ampoules) vaut le coup !
Sur ma seconde ST2, après avoir monté les mêmes ampoules, j'ai carrément pris le taureau par les cornes en matière d'éclairage et j'ai effectué une modification complète du faisceau et de l'éclairage. Ca a été plus compliqué et plus cher, mais maintenant, j'ai une moto qui éclaire vraiment bien et qui, de plus, a un look sympa avec ses 2 optiques rondes et son cache sombre autour.
Le tableau de bord est complet avec un trip journalier, une horloge,
la jauge à essence, la température moteur. Le passage
en réserve est indiqué par le clignotement du dernier
secteur de la jauge et par un voyant orange.
Question
consommation : elle ne dépasse jamais 7 litres aux 100 kms,
et est plutôt tout le temps située aux alentours de
6 litres aux 100 kms, sans y faire particulièrement attention.
Les
valises sont particulièrement pratiques et logeables.
A
surveiller : la plaquette de fixation du pignon de sortie de
boîte, qui s'use assez vite, libérant le pignon latéralement
sur l'axe de sortie de boîte. Si le pignon s'éloigne
de la boîte et quitte l'axe, dégâts garantis...
Prix de la plaquette : 4 Euros...
|