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Tout sur le Dark Dog Moto Tour 2013, auquel j'ai participé en tant qu'assistant au sein de l'équipe des Ch'tis Normands
Le DDMT vu par un assistant...

Le DDMT version assistance…

[Flashback] Vendredi 13 juillet 2012, 17 heures, le médecin urgentiste vient de sortir du box, où j’attends depuis 2 ou 3 heures, après m’avoir annoncé que j’ai le plateau tibial fracturé et que je dois être opéré le lendemain. Ma participation au Moto-Tour 2012 s’éloigne singulièrement. Dès le lendemain, j’annule mon inscription mais je promets à mes potes Ch’tis Normands que je serai là pour faire l’assistance… Mi-septembre 2012, il faut que je me rende à l’évidence, la ré-éducation sera bien plus longue que prévu, je n’ai pas encore le droit de marcher, je suivrai le DDMT 2012 depuis mon canapé par AFC-Micro et SMS interposés…

Dans le courant du printemps 2013, tout se confirme, cette année sera moto ou presque, sans rallye, c’est sûr, je me console en étant commissaire sur les Ch’tis Givrés et sur la Sarthe et je propose au Ch’tis Normands ma candidature en tant qu’assistant pour le DDMT 2013 où ils rempilent tous ou presque.

Avant l’été 2013, Fred m’appelle pour me dire qu’ils veulent me voir dans leur équipe d’assistance, je dis oui sans hésiter, je ferai le DDMT 2013, même si c’est sur le bord de la route et dans le paddock, mais je le ferai !

Vers mi-septembre, je fais la connaissance lors d’un repas chez Wul de l’ensemble de la branche basse-normande des Ch’tis Normands : Cédric alias Loulou, Michael alias Dug, Fred et Wul comme pilotes, David, Nicolas et Fredo comme assistants. Le repas se passe merveilleusement bien, on est sur la même logique : prendre un maximum de bon temps, en tant que pilote ou assistant et faire en sorte que tout le monde arrive à Toulon pour une baignade dans la baignoire méditerranéenne !

Vendredi 27 septembre, 7h00 du mat’ : je monte dans le train vers Rennes, puis prend le tortillard qui m’amène à Caen, où Fred me récupère à la gare, le DDMT a commencé, on part vers Saverne. Retrouvailles de l’équipe à Falaise, chez Loulou, le Master attelé à la caravane qu’on doit conduire est là, tout fier dans la cour du pavillon de Loulou, les différents membres de l’équipe arrivent, le départ est proche. Vers 14h00, tout le monde est là, on met les bouts dans nos 2 Master : Fred, Loulou, Wul, Fredo et ma pomme dans le Master attelé, David, Nicolas et Dug dans le second Master, direction Saverne, 680 km et 8 heures de route…

Samedi 28 septembre, vers 2h00 du mat’, on débarque à Saverne et on découvre le campement des Ch’tis Normands qui occupe quasiment toute une allée : il y a là les Dunkerquois, Arnaud, Fleup et Dider comme pilotes et 4 assistants dont je n’ai pas retenu les prénoms (désolé, je suis mauvais pour ça…), Dom et Guillaume sont installés au milieu dans le Transporter aussi « classique » que la XLR de Dom, Rob et sa bande occupent le dernier côté dans un superbe camping-car avec Odile, Eric comme assistants, José (pilote), Patrick et ??? ses assistants. Il ne manque que les hauts-normands, qui arriveront dans la matinée : Seb, Sylvain, Vincent et Richard comme pilotes, et Eric et 2 autres assistants.

Samedi, en cours de matinée, l’équipe est au complet et les pilotes fort occupés à passer les contrôles administratif et technique.

Comme ils ont bien préparé leurs motos, les contrôles se passent sans aucun problème, à part pour Dom dont la XLR a décidé de rejeter son essence à qui mieux-mieux : Guillaume garde un calme olympien, face à ces emmerdes à répétition, il change X fois de carbus et la XLR finit par rejoindre ses copines en parc fermé, mais on sent bien que l’histoire n’est pas finie.

L’après-midi du samedi est consacrée à la reconnaissance de la spéciale du Nideck qui n’est qu’à quelques kilomètres de Saverne. On y va avec les 2 Masters et s’adjoint à nous Rob. On fait plusieurs passages, où je conduis notre Master, Loulou faisant les commentaires et bruitages sur la manière de passer les virages, le must restant « à partir de là, ça passe à fond ! » qui laisse ses copains pilotes dubitatifs sur la santé mentale de l’olibrius quand ils voient ce qui reste à passer « à partir de là »… Loulou prend ensuite le volant et essaie de nous montrer les bonnes trajectoires en Master, nous n’épiloguerons pas, les images seraient trop insoutenables pour certains, mais en Master aussi « à partir de là, ça passe à fond !»…

Nous terminons la journée de Samedi en mettant au point notre stratégie d’assistance. Dans les grandes lignes, ça donne : le premier camion, conduit par David et Nicolas, part en même temps que le premier pilote pour aller se positionner sur un point de l’itinéraire du jour, où ils assureront une assistance en essence, victuailles et plus si affinités… ou problème… Le second camion, que Fredo et moi-même conduirons, part après le dernier pilote. Notre rôle est donc de ranger toutes les affaires, plier le camp et tailler la route jusqu’à l’étape suivante pour que le premier pilote trouve un camp installé quand il arrivera à l’étape en fin de journée.

Une fois à l’étape, les assistants sont là pour que les pilotes n’aient qu’à se soucier de leur course : leurs motos sont prises en charge dès qu’ils arrivent, on réalise les opérations qu’ils jugent nécessaires : plein, nettoyage, petite ou grosse réparation, nettoyage du casque, etc… C’est surtout le domaine de David et Nicolas pour les bas-normands, mais Fredo et moi-même mettront aussi la main à la pâte lors des coups de bourre. Notre domaine privilégié, pour Fredo et moi-même, c’est surtout la vie dans le camp : installation du campement, courses pour la bouffe et réalisation des repas. On ne donnera pas dans la grande cuisine, mais plutôt dans du « qui tient au corps et permet de tenir le choc »…

Dimanche 29 septembre : réveil à une heure normale, aux alentours de 8h00, il faut en profiter, ça n’arrivera pas de nouveau avant plusieurs jours… Le paddock se réveille doucement, ceux qui n’ont pas terminé leurs contrôles techniques y passent, les autres n’ont qu’à attendre le départ de la parade qui va leur faire faire un petit tour dans Saverne, au son de la musique militaire qui nous gratifie de tous les tubes militaires en vogue dans les régiments… On est loin du Top 50, mais les rupteurs de certains n’arrivent pas à couvrir la fanfare…

Les motos retournent en parc fermé, pas pour très longtemps, car le vrai départ du DDMT 2013 est donné aux alentours de 14h00. En tant qu’assistants, c’est journée off, l’étape étant courte, certains d’entre nous vont sur la spéciale du Nideck, mais en spectateurs. De notre côté, nous restons au paddock et radio-paddock commence à fonctionner pour nous indiquer qu’il y a plusieurs accidents, tant qu’on ne sait pas qui est concerné, on a toujours une petite inquiétude… Au fur et à mesure de l’après-midi, tous les pilotes Ch’tis Normands repassent dans le paddock entre les 2 boucles. Leur sourire en descendant de la moto en dit long sur ce qu’ils vivent : les villages du coin sont pleins de spectateurs, ils sont les stars…

Dom’ continue à galérer avec sa XLR qui pisse toujours l’essence et tourne comme une patate, il sauve les meubles en terminant l’étape et Guillaume se remet à l’ouvrage pour résoudre le problème. Il y arrivera et Dom’ pourra partir l’esprit un peu plus serein pour l’étape suivante.

A la fin de la journée, tous les Ch’tis Normands sont en course, Cédric est dans le Top 20, plusieurs autres sont dans le Top 100 et tout le monde a la banane !

Pendant l’après-midi, on a différentes visites : le frère de Rob, des potes ducatiSTes, sympa de voir tout le monde et discuter. Il y a aussi beaucoup de spectateurs qui tournent dans le paddock, certains étant souvent désappointés de ne pas voir de moto, c’est une des joies du rallye, pendant l’étape, les motos sont invisibles et à l’étape, elles sont dans le parc fermé, il faut vraiment être là au moment de l’assistance pour les voir et voir les pilotes.

A l’arrivée de l’étape, les concurrents reçoivent le roadbook de l’étape marathon Saverne- Thonon du lendemain : 774 km et 3 spéciales, ça va donner… Commence alors un premier marathon, dans le paddock : l’atelier découpage et collage de la quinzaine de mètres du roadbook. Pendant que certains découpent le roadbook, Patrick et moi-même commençons notre petit boulot du soir : l’analyse du roadbook du lendemain pour trouver les points d’assistance rapide et le trajet optimal pour les assistances lentes. Une fois ce boulot fait, je passe parmi les pilotes pour les rassurer sur les points où ils trouveront de l’essence.

Lundi 30 septembre, 2h00 du mat’ : le réveil sonne, difficile d’émerger, mais il faut y aller, notre premier pilote, Loulou va partir d’ici une heure, il faut être à ses côtés pour qu’il puisse prendre un petit-déjeuner et ne pas partir le ventre vide. Tous les assistants se lèvent, David et Nicolas préparent leur camion pour partir en même temps que Loulou, Fredo et moi-même commençons à ranger le camp, sans donner l’impression aux autres pilotes qu’on les met dehors. Dug, Fred et Wul émergent dans cet ordre et chez les autres Ch’tis Normands, c’est le même cérémonial : chaque pilote prend son petit-déj’, s’équipe, contrôle 15 fois qu’il prend tout ce qui lui est nécessaire pour la journée et part récupérer sa moto en parc fermé.

Quand Wul a terminé de se préparer, nous avons de notre côté quasiment terminé le rangement, on peut lever les béquilles de la caravane, l’atteler et partir.

Ce lundi, pour nous, l’étape est de 380 km en passant par la Suisse. Nous suivons fidèlement le Tomtom qui nous fait contourner efficacement Strasbourg et nous envoie aux alentours de Bâle où nous allons franchir la frontière suisse… Ah, la frontière suisse, un grand moment… Wul nous a acheté une vignette d’autoroute, mais il aimerait bien pouvoir la revendre, alors on ne l’a pas collée sur le pare-brise. Pour avoir longtemps vécu avec une haut-savoyarde et être venu souvent en Suisse, je sais que ça ne va pas passer, mais bon, on tente… Manque de bol, un gentil douanier suisse nous alpague et nous intime l’ordre de « ccoollleeer la vviiiggnnnetteee, messieurs… » (avec l’accent suisse dans le texte…). Il découvre aussi qu’on n’a pas de vignette pour la caravane et nous envoie voir son copain caissier pour en acheter une. J’y vais et tombe sur un véritable robot : le gars ne connait que 2 mots : « yop » et « 2 », le premier pour acquiescer à mes questions, le second pour me dire sur quelle touche appuyer sur son terminal de CB pour choisir la devise… Grave, le gars… je repars à moitié explosé de rire, mais je me retiens car une autre des caractéristiques des douaniers suisses est leur absence d’humour… Guillaume nous en ramènera une autre preuve quand il s’est fait chopé à la douane de sortie et qu’il est allé se garer en France pour ne pas bloquer la route… Le douanier suisse n’a pas apprécié et le lui a fait savoir.

Avant d’arriver au paddock à Thonon, nous nous arrêtons faire nos courses et je tombe, par hasard, dans le supermarché sur un membre éminent de la liste Ducati Sport Touring, étonnant comme le monde peut être petit quelques fois…

Vers 14h00, nous prenons possession de notre campement, qui est indiqué sur le sol par nos numéros d’assistance. Les Ch’tis Normands ont le numéro 13, et nous sommes censés partager notre partie de paddock avec les 11, 12 et 14. Vue la taille de l’emplacement, ça va être chaud… Bon an, mal an, on arrive à loger tout le monde, même si certains sont à 2 doigts de l’énervement… Manifestement, le Tétris n’est pas leur tasse de thé et ils aimeraient pouvoir prendre leurs aises. Au fil des jours, les habitudes se prenant, la mise en place sera plus simple, d’autant que certains paddocks à venir seront vraiment très grands.

A Thonon, ce n’est pas le grand luxe, notamment côté toilettes et électricité… On fait comme on peut, mais c’est un peu désolant de voir qu’une grande ville comme ça, dans un coin aussi riche que la Haute-Savoie, n’accueille pas mieux que ça le DDMT…

Petite particularité de cette étape : l’assistance du soir est une assistance « marathon » que les pilotes doivent faire tous seuls. Ils sont donc installés dans un gymnase transformé en garage géant et les assistants n’ont que le droit de leur apporter les outils, pneus et essence et, ensuite, le pilote se débrouille tout seul.

Pour la plupart des Ch’tis Normands, ça se passe comme une lettre à la Poste, sauf pour Wul et Dom.

Wul a cassé son câble d’embrayage aux environs de St-Claude et, au lieu d’appeler l’assistance rapide qui se trouvait tout près de lui à ce moment-là, il a choisi de m’appeler. Nous étions à ce moment-là en Suisse, donc je n’ai pas reçu l’appel et n’ai trouvé son message qu’une fois arrivé à Thonon. Du coup, le pauvre Wul doit terminer en camion balai et il arrive fort tard et est donc mis hors course avec 5 heures de pénalité. Il a le droit de repartir mais ne sera plus classé. Sa moto arrive bien après lui, les assistants mécanos la prennent en charge et réparent son câble d’embrayage, la moto ne retournant en parc fermé que le matin juste avant le départ.

Dom, de son côté, a des soucis de serrage de sa roue AR. Elle a du jeu et il est impossible de bloquer l’axe. Guillaume court partout pour trouver des rondelles à mettre sur l’axe, mais quand Dom les met en place en assistance marathon, lorsque l’axe est bloqué, la roue l’est aussi, du coup, il enlève les rondelles et Guillaume reste fort inquiet à l’idée de voir Dom rouler avec un axe mal serré, on le comprend…

La soirée se termine assez tard, le repas étant pris vers 22h00, les pilotes ont les traits tirés, mais ils ont tellement d’anecdotes à raconter que personne n’a envie d’aller se coucher rapidement.

Mardi 1er octobre, aux aurores, trop tôt... : Loulou se réveille le premier, nous émergeons pour l’aider. Une grosse étape attend encore les pilotes, 580 km, de notre côté, nous avons 370 km d’autoroute à dérouler, via Annecy, Chambéry, Lyon, St-Etienne et Le Puy en Velay. Ca se passe sans encombres, Fredo et moi-même conduisons à tour de rôle, je commence généralement la journée, Fredo prenant le relais et assurant l’entrée dans le paddock. Chacun d’entre nous s’octroie généralement un petit somme, histoire de reconstituer les batteries, l’air de rien, on a des journées bien denses, même si elles le sont moins que celles des pilotes.

Le paddock de Langeac, parlons-en : après Thonon et son paddock étriqué, c’est Versailles !!! On est accueillis dans un camping immense, arboré avec électricité et eau à tous les postes, c’est tellement grand qu’on y tourne un grand moment avant de trouver le bon endroit. Fredo et moi-même nous sommes souvent les premiers Ch’tis Normands arrivés, c’est à nous de réserver suffisamment d’espace pour que tout le monde loge : les Ch’tis Normands, c’est tout de même 9 véhicules à caser, donc un camping-car, une caravane, 7 camionnettes… autant de barnums et plusieurs tentes ! Il faut aussi trouver un emplacement qui n’impose pas aux pilotes de marcher pendant des heures pour rejoindre le parc fermé. C’est le cas à Langeac où il est situé à presque 10 minutes de marche, en combi et bottes, ce n’est pas une partie de plaisir, surtout après ou avant une journée de bécane.

L’étape Langeac – Thonon se déroule sans accroc particulier, seul Dom a toujours ses misères de roue AR qui prend du jeu, mais cela ne l’empêche pas de remonter un grand nombre de places au classement, en faisant des super temps dans les spéciales. Cédric se rapproche doucement du Top 10 et les autres pilotes confortent leurs places dans le Top 100. Ceux qui ont déjà fait le DDMT comparent leurs expériences et, apparemment, celui-ci fait partie des grands crus, d’autant que la météo est de la partie, les petits nouveaux découvrent et ils en ont autant, sinon plus, à raconter le soir à l’étape.

Pour les assistants, le repas du soir est le moment où l’on vit de plus près la course. Dans la journée, on a juste la consultation du site Moto-Tour pour savoir ce qui se passe. On commence à en savoir plus quand les pilotes arrivent en assistance avant la dernière spéciale de la journée, où ils passent au paddock avant de repartir pour une petite boucle. Et on apprend le reste le soir autour d’un apéro léger et d’un repas roboratif. C’est le moment où les anecdotes sortent et généralement, pour évacuer le stress, ça se fait dans de grands moments de rigolade. Au Moto-Tour, dans l’équipe des Ch’tis Normands, en tout cas, on a tous beaucoup sollicité nos zygomatiques ;-)

Mercredi 2 octobre, toujours trop tôt : toujours le même cérémonial du lever, Loulou égal à lui-même, déjà dans sa course, Dug totalement mutique pendant les premières 20 minutes après son réveil, ne répondant même pas aux moqueries de ses camarades, Fred à bloc dès qu’il a posé le pied par terre, sortant 10 bêtises à la minute, et Wul à la ramasse en train de chercher partout les affaires qu’il avait pourtant rangé la veille…

L’étape du jour est courte pour les assistances, elle nous emmène à Boulazac, près de Périgueux. Le paddock est installé aux abords du centre d’exposition local, pas facile à trouver, comme s’en rendront compte certains pilotes le soir-même.

Nous installons notre campement, toujours aussi efficacement. Marrant de voir comment, avec Frédo, sans presque se parler, nous allons à l’essentiel et mettons tout en place très vite. Nous avons tous les 2 à cœur de bien faire les choses pour que les pilotes soient à l’aise en arrivant. C’est la même chose pour les autres assistants. Ca fait partie des choses qui doivent faciliter la vie des pilotes qui ont plein d’autres problèmes à gérer pendant la journée.

Dom’ a toujours des misères de roue AR, mais à force d’en discuter avec Guillaume, de lire et relire la RMT de la XLR 600, on finit par comprendre ce qui se passe : il manque une entretoise entre la roue et le porte-couronne. Il est donc impossible de serrer l’axe correctement et si on insiste, ça décale les roulements de roue et la roue bloque. Fin des ennuis pour Dom’ qui peut continuer sa remontée au classement.

Sylvain, chanceux, casse son embrayage en arrivant au paddock. Il ne vivra donc pas la galère de Wul et peut s’en féliciter, d’autant qu’il est le second pilote Ch’tis Normands au classement, en émargeant aux alentours de la 30ème place.

Ah… Boulazac, grand moment le soir… Nous apprenons pendant l’après-midi qu’un grand show de FMX est proposé le soir, mais que les participants au DDMT et leurs assistants n’ont même pas l’entrée gratuite, juste une réduction sur le prix d’entrée. Qu’à cela ne tienne, on ira voir le show et gratuitement s’il vous plait… Alors, sur les coups de 20h, une fois les machines en parc fermé, on boucle le campement et on se dirige vers le hall d’exposition où a lieu le show. On se met en mode « tortue romaine », David ouvrant le chemin et on franchit aisément le premier cordon de contrôle où les billets sont juste présentés par les spectateurs payants. Au 2nd contrôle, on tombe sur une miss qui n’est pas au courant que les participants n’ont pas de passe-droits et en la baratinant un peu et en poussant les autres spectateurs, on entre dans la salle de spectacle… Et voilà, le tour est joué ! Mais bon, finalement, le show est décevant, les pilotes sont fortiches mais le tempo est mou… Comme le dit souvent Fred « c’est mou, mais au moins, c’est propre ! ». Finalement, pris un peu de remords parce qu’on a planté l’autre moitié de la bande des bas-normands qui sont allés au briefing, on plie les gaules au bout de 10 minutes et on retourne au campement pour faire un sort au plat de pâtes en sauce qui nous attend patiemment sur le camping-gaz.

Le reste de la soirée se déroule comme d’habitude, dans de grands éclats de rire quand, par exemple, Dug et Rob nous racontent comment ils ont retrouvé leurs réflexes d’enduristes alors qu’ils étaient partis non pas aux fraises, mais aux chataignes…

Jeudi 3 octobre, encore très tôt : grosse étape pour tout le monde aujourd’hui, traversée du Massif Central par les vicinales pour les pilotes, par les nationales pour nous, notamment la N106 de Mende à Alès, pas cool avec une caravane.

Au passage, on traverse l’Aveyron et, comme par hasard, on tombe sur des camions de gravillons… Je ne sais pas pourquoi, mais les gravillons de l’Aveyron, ça me dresse le poil. Ce n’est pas possible, le CG12 a obtenu des prix canons pour en répandre autant sur ses jolies routes ! Je fais un coucou à l’hôpital de Rodez et, hop, c’est fini pour la séquence « revival »…

A Alès, le paddock est installé près du circuit de vitesse, on galère un petit peu pour trouver un endroit-plat-pas-trop-loin-des-box-et-des-toilettes-mais-pas-trop-près-de-la-piste-car-c’est-bruyant… Pfiiiuuuuu, pas facile la vie d’assistant, j’vous le dis !!!

Comme on est installés tôt, on peut même aller voir les 20 premiers pilotes passer sur la piste de rallye d’Alès. Celle-là, Loulou l’a fait réviser à tous les pilotes la veille, sur des vidéos, mais une fois devant, on se dit que c’est un truc de malade ! Quand on entend le Trafic du circuit monter les côtes en première, moteur à fond, on se dit que les dénivelés sont énormes et ils le sont… Et ça, sur les vidéos, ça ne se voit pas… Je suis sûr que les pilotes qui découvrent cette spéciale ont du se dire 10 fois « oh p… oh p… oh p… » en arrivant sur certaines portions de la piste.

On voit passer Maitre Bouan, plus propre que lui tu meurs, mais il faut se dire qu’il est sur son lieu de travail, alors il doit connaitre chaque gravier par son petit nom… Loulou passe dans les 10 premiers, très propre lui aussi, mais quand même moins rapide que Mr. DDMT. A sa décharge, la piste n’est plus sèche et ça doit calmer un petit peu…

Jolie soirée à Alès, il y a beaucoup de spectateurs dans le paddock, peut-être qu’un bon nombre d’entre eux ne savaient pas que la spéciale de nuit sur circuit était annulée. Les pilotes, en tout cas, le regrettent vivement, ils attendaient tous de passer un grand moment dans cette spéciale.

Vendredi 4 octobre : réveil à une heure presque correcte, on prend notre temps car, avant de partir, on va aller voir les 3 ou 4 premières séries de la spéciale circuit. Maitre Bouan corrige tout le monde dans la 1ère série, il colle un boulevard au 2nd en un tour, c’est véritablement impressionnant. Loulou, qui avait écopé la veille de 3 mn et 30 s de pénalité sans comprendre pourquoi, a réussi à les faire annuler, mais l’ordre de départ des séries ayant été défini avant l’annulation des pénalités, il se retrouve en 3ème série et 3ème ligne. Même punition pour Sylvain qui est dans la ligne suivante de la même série. Qu’à cela ne tienne, ils nous gratifient tous les 2 d’un départ canon, Loulou remporte le holeshot et termine loin devant, avec le 4ème temps de la spéciale. Sylvain termine 2nd de la série et conserve sa place au classement.

La spéciale suivante de la journée, Mercoirol, tracée dans une ancienne carrière, va laisser des traces au classement. Les pilotes qui ont fait de l’enduro ou du cross apprécieront, les autres vont en ressortir en y laissant des wagons de secondes et en ayant eu l’impression qu’ils allaient casser leur moto à chaque virage… Pas forcément une bonne idée que cette spéciale, le terrain se dégradant très vite et désavantageant les pilotes qui partent loin derrière.

Pendant ce temps-là, côté assistance, nous taillons la route vers Toulon, sous un beau soleil et arrivons tôt sur un paddock quasiment vide. Toulon est, avec Thonon, le seul endroit où les emplacements sont déjà définis, encore heureux car le paddock n’est pas grand et il va falloir un peu d’organisation pour que tout le monde loge. Nous nous installons près du bord de mer, on trouve pire comme emplacement.

Journée sans encombres pour les pilotes, à part Wul qui, ayant encore galéré la veille pour rejoindre Alès, a rendu son transpondeur et rejoint Toulon en trace quasi-directe, sans même passer par le Mont Ventoux. Quand on n’est plus dans la course, on n’y est plus et ça ne sert à rien de prendre des risques inconsidérés, on te comprend, Wul.

A Toulon, dans le paddock, c’est la foire à la saucisse, le salon Moto est important et le toulonnais qui aime bien se montrer, vient y parader. Pour les Ch’tis Normands, le sud est un monde étrange où les motards roulent en short et tongs et où les cagoles de tous âges débordent de… personnalité… par tous les trous de leurs tee-shirts… Fatigant à la longue… ;-)

Allez, il faut rester concentré, il reste encore 2 jours et 4 spéciales, ce n’est pas le moment de se relâcher, surtout pour notre pilote de pointe, Loulou, qui est dans le Top 10 et a bien l’intention d’y rester. En plus, il est 3ème pilote Triumph, bien que non officiel et ça pourrait bien l’aider pour la saison prochaine, sait-on jamais…

Samedi 5 octobre : aujourd’hui, journée de repos pour les assistances, l’étape est Toulon – Toulon, le camp n’a pas à bouger, cool… On part donc tous les 5, Wul se joignant à nous, en même temps que le premier pilote, pour aller les voir passer sur la spéciale du Pas de la Couelle. A 5 dans un Master prévu pour 3, on ne décrira pas les conditions de roulage à l’arrière, des âmes sensibles pourraient se sentir mal… Nous voilà à pied d’œuvre une ½ heure avant le départ de la spéciale, le CH d’entrée n’est même pas installé, il n’y a que les commissaires et les air-fence en place et encore… La radio ne passe et la spéciale démarre avec une bonne demi-heure de retard. On est dans le Sud…

Nous regardons tous les pilotes Ch’tis Normands passer, on a de tout, du propre, du mou, de la glissade, pas de glissade, des coucous, pas de coucous, bref, un éventail de passage bien varié, mais la palme revient à Fred qui prend le temps de nous faire un beau coucu pour se sortir quelques virages plus loin en essayant de transformer sa BM en scie à souche… Le collecteur BM n’a pas apprécié, mais, à part un airbag déclenché, Fred n’a aucun autre problème. Pas grave, ça nous donnera l’occasion de voir ce soir s’il consomme toujours 2 cartouches d’airbag à chaque remplacement… Ben non, il a progressé et arrive à la changer du premier coup !

La spéciale de Pourrières, où les pilotes devaient passer 2 fois, est annulée pour cause de matières glissantes fort malencontreusement répandues… Du coup, la journée de samedi se termine plus vite que prévu et, à 17h00, les motos sont en parc fermé, après une séance d’assistance effectuée sous les regards de nombreux spectateurs.

Pendant la soirée du samedi, grâce à nos voisins belges qui ont décidé, gentiment, de « soit casser les c……es à leurs voisins français, soit de faire une carburation », le paddock se transforme en dance-floor géant. Certains pilotes auront du mal à enfiler leur casque dimanche matin, c’est sûr…

Dimanche 6 octobre : pas de réveil aux aurores, l’étape est toute petite aujourd’hui, un aller-retour au Mont-Faron pour l’escalader en spéciale. Comme le dit Loulou, « à la poubelle au bout de la montée, tu te mets à gauche et ça saute en passant à fond… et tu te retrouves à droite bien placé pour le virage suivant !»… No comment… mais le pire, c’est que ça marche…

Les pilotes reviennent très vite au paddock, on n’épiloguera pas sur les comportements craignos que certains ont vu de la part de pilotes invités… On comprend aisément que des pilotes qui ont passé la semaine à essayer de rouler propre, à craindre de se faire radariser, voire prendre des pénalités de la part des PSR, soient un peu écoeurés de voir d’autres pilotes se comporter comme des fadas dans Toulon… Mébon, il ne faudra pas pleurer l’an prochain quand certaines autorisations ne seront pas données.

Voilà, c’est fini, les motos sont en parc fermé, le DDMT est terminé, les pilotes ont encore des petites étoiles qui clignotent au fond des yeux, les assistants sont heureux de les avoir aidés tout au long de cette folle semaine. Nous allons tous nous baigner, enfin tous sauf ma pomme qui fait les photos et avait la flemme d'enlever tout le barda qui lui serre la jambe droite encore en convalescence...

Pour ma part, c’est bon, j’ai enfin obtenu ma consolation de n’avoir pas pu participer en 2012. Je ne sais pas si je ferai un jour le DDMT en tant que pilote, mais cela n’a plus d’importance, je l’ai vécu et bien vécu en tant qu’assistant, en sachant en plus que ceux qui m’aiment n’auront pas eu à trembler parce qu’ils savaient que je n’étais pas à moto.

Alors, un énorme merci à tous les Ch’tis Normands pour tous ces excellents moments. Il n’y a eu aucune anicroches, aucune engueulade, ça tient du miracle dans une bande de presque 30 personnes, en situation quelques fois tendue pourtant…

Et un merci spécial à la bande des B2L qui m’ont accepté dans leur équipe. J’espère vous avoir rendu service et suis prêt à reprendre du service une autre fois !

15/10/2013 22:13:36 | Lu : 3866 fois
La fière équipe des B2L prête à partir pour le DDMT 2013
Vue 310 fois | 15/10/2013
Les mêmes, plus le chef, à l'arrivée, baignade obligatoire !!!
Vue 338 fois | 15/10/2013
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Carénage : DesmodroMike & Moteur : VinceLP | Page vue 15 fois ce jour, 78 fois ce mois, 1033 fois cette année